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Jeudi 23 mai 2013 4 23 /05 /Mai /2013 16:09

Chef-et-Italien.JPGParis. « Je suis tombé dans le vin à l'âge de douze ans, en Toscane, je pourrais même dire que j'ai connu mon père à travers le vin », explique-t-il dans un français parfait, ma avé une pétite accente, quand même. S'il parle si bien notre langue, c'est que Giorgio Cavanna (à droite, avec le chef Frédéric Vardon), né à Rome, mais pas franchement Romain, « car il faut sept générations pour revendiquer ce titre », a suivi une partie de ses études en France et qu'il vit aujourd'hui à Genève.

En Toscane, c'est dans le domaine familial du Castello di Ama qu'il a mis ses pas dans les pas de son père. « J'ai planté des vignes, suivi le chemin du raisin, participer aux vendanges et à la vinification, à une époque où la Toscane était colonisée par les techniciens du Nord de l'Italie » explique-t-il. « Et si le domaine est devenu ce qu'il est aujourd'hui, c'est notamment grâce à Patrick Léon, l'œnologue d'Opus One, vous voyez ? »

Après une carrière dans l'industrie et de « saines lectures », comme les livres d'Émile Peynaud, Giorgio Cavanna se décide à investir dans le vignoble, au début des années 2000. Mais pas n'importe où. Dans le Bordelais. Au cours d'un déjeuner, Bertrand Léon, le fils de Patrick, parle de deux domaines mis en vente, l'un dans les Graves, l'autre du côté de Saint-Émilion. « J'ai tout de suite été intéressé, notamment par le Grand Enclos du Château de Cérons, car c'est le seul endroit dans les Graves où l'on peut s'amuser dans les trois couleurs . Quant au vignoble de Saint-Émilion, que nous avons baptisé Château Mondorion, Bertrand Léon connaissait son potentiel et, pour moi, Saint-Émilion représentait le fleuron du vignoble bordelais », précise, l'œil amusé, Giorgio Cavanna. Depuis, avec ses associés et ses régisseurs, Xavier Dauba à Cérons, Vincent Bonneau à Mondorion, Giorgio Cavanna a beaucoup investi pour « sortir des vins de qualité et des crus haute-couture ».

Vins-entree-copie-1.JPG

Pour les déguster et/ou les découvrir, rendez-vous au 39V, le restaurant sous les toits de Frédéric Vardon, perché au sixième étage d'un bel immeuble haussmanien de l'avenue George V. So chic... Décor très contemporain. Sol en pierre, banquettes en cuir noir, panneau beige au dessus de la tête... On se croirait installé dans une carapace, ouverte, comme une coquille d'huître, sur le ciel (gris) de Paris.

Pour se remettre du voyage mouvementé, les graves 2012 de Château Lamouroux. Le blanc, sauvignon (85%) et sémillon, tout en finesse, en fraîcheur et en rondeur, sur des notes citronnées; le rosé, cabernet sauvignon et merlot (45%), vin plaisir, facile, gorgé de fruit, finale épicée. Sur le délicieux bar de ligne mariné à cru en ceviche et sa garniture croquante, les 2010 du Grand Enclos, « un millésime de référence », selon Giorgio Cavanna. Environ 55% de sémillon et 45% de sauvignon, pour le "générique", au boisé élégant, sur les agrumes et les fruits mûrs, note d'abricot, long et sensuel. Encore plus de sémillon (75%) pour la cuvée Élixir, « mon exercice intellectuel, six grappes par pied et pas plus »; l'expression est toujours du propriétaire... Attention, le haute couture à son prix, 80 euros la bouteille, mais « nous voulons ici nous positionner sur Smith-Haut-Lafitte », ajoute-t-il. Nez explosif, corps d'athlète, puissance et volupté, joli boisé... A revoir dans quelques temps.

Plat-rouges.JPG

Sur l'agneau de lait des Pyrénées et ses légumes de printemps au jus, joli plat plein de saveurs du jardin, deux rouges. D'abord le graves 2010 du Grand Enclos, merlot (55%) et cabernet, complexe, riche, dense, sur une belle finale pleine de faîcheur; puis le saint-émilion 2011 de Château Mondorion, majoritairement merlot (82%), heureusement carafé, sur des notes plus torréfiées, plein de fruits rouges, sur des tannins taquins, un vin plein de peps, mis en bouteille il y a à peine deux mois.

On nous avait réservé l'Élixir rouge 2010 pour les fromages mais l'accord n'est toujours pas de mon goût... Giorgio Cavanna parle là encore d'un « exercice confidentiel (...) qui se veut la meilleure expression des graves », pour une cuvée qui ne propose que 2.400 bouteilles vendues au même prix que son petit frère blanc, 80 euros. « Il s'agit d'une vinification intégrale, ajoute Giorgio Cavanna, on met tout dans la barrique...». « Bien, vous m'en mettrez donc une caisse ! », comme dirait mon copain Hervé... Car je me suis roulé dans la soie et le taffetas, je me suis régalé, j'ai goûté et regoûté, pour tout vous dire, jusqu'à l'arrivée du dessert, bananes rôties, croustillant aux spéculos et crémeux gingembre-citron vert, avec lequel était normalement prévu le cérons 2008 du Grand Enclos. Mais il n'était pas au rendez-vous, un problème de livraison... Bon, une autre fois ?

Elixir-rouge.JPG

Les petites lampées reviennent bientôt...

 

PS. Seules les cuvées Elixir sont à 80 euros. Les autres oscillent entre 8 euros pour le rosé de Château Lamouroux et 24 euros.

Par Alain Fourgeot - Publié dans : Les petites lampées - Communauté : Les fous de vins !
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Mardi 21 mai 2013 2 21 /05 /Mai /2013 07:47

Foire-aux-vins-Sancerre.jpg

 

Sancerre. Les discours de Denis Vacheron, le président des vignerons de Sancerre (à droite sur la photo) ne manque jamais de sel... Je ne résiste donc pas à la tentation de publier celui qu'il a prononcé samedi pour l'inauguration de la 87ème Foire aux vins de Sancerre. Après le Invignez-vous ! avec Jacques Dupont, voici le taste-vinez sans vergogne ! de Denis Vacheron.

« Il y trois  ans, nous avions invité un élu du conseil régional à inaugurer notre foire aux vins. Après trente-six mois sans réponse, au lieu d'inviter un autre comédien à couper le ruban, nous avons invité des saltimbanques. Merci à vous Les Complices, d'avoir accepté l'invitation.
Grâce aux terroirs sur lesquels ils sont implantés, grâce à l'histoire du Sancerrois lui-même, grâce à la qualité de l'investissement de vous tous dans la vie du vignoble et grâce à l'ambition des vignerons de toujours tirer le Sancerrois vers le haut, les vins de Sancerre ont acquis une renommée mondiale. Bien que nous soyons une petite appellation de seulement 2.900 hectares sur les 780.000 hectares de vignes que compte la France, le sancerre s'exporte dans plus de cent vingt pays et est présent sur les tables les plus prestigieuses.
Les vignerons sancerrois ont obtenu l'Appellation Sancerre le 20 juillet 1931 par un jugement de tribunal. En 1936 ils ont confié leur avenir à l'Institut national des appellations d'origine (INAO) devenu il y a quelques temps l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAOQ). Et bien, après une grossesse de 87 ans, sous le prétexte de restriction budgétaire, l'INAOQ accouche sous X, abandonne le suivi des AOC à des organismes privés et, paroxysme d'indécence, réclame un droit de visite. Par contre pour s'immiscer au quotidien dans nos vies, la France n'a pas son pareil.
Dormez tranquilles citoyens, nos assemblées veillent sur vous. Le tabac, l'alcool, le sucre, le sel, le chocolat, la friture, la confiture, la déconfiture, la crème fraîche, le gras de cochon et la vieillesse sont dangereux pour la santé. Ils ont même cédé au lobby des assureurs pour conforter le chômage en expliquant que le travail aussi est dangereux pour la santé.
Ne les écoutez pas. "Vivre" est certainement dangereux pour la santé mais en
attendant, faites vous plaisir, consommez, abusez de temps en temps et merci à vous les saltimbanques de nous rappeler que sérieux rime avec ennuyeux.
Le vin de Sancerre contient beaucoup plus de 80% d'eau et moins d'un tiers de gramme de sucre par verre, alors taste-vinez sans vergogne. Le plaisir du vin, c'est la recherche de ses arômes, de son bouquet et de son équilibre. Un jus de fruit non fermenté deux semaines après son extraction n'est pas un produit naturel. Il a été traité pour détruire ses ferments. L'alcool contenu dans de vin n'est pas issu de la distillation mais de la fermentation naturelle du jus de raisin. Bien que les vins présents sur ce salon soit des jus naturels de raisin, ne prenez pas le volant sans vous être test-aviné.
A l'accueil, un saoulomètre électronique est à votre disposition pour ça. Bienvenue à vous tous, bonne dégustation et bon week-end.»

Rien à ajouter ...



Par Alain Fourgeot - Publié dans : Bruits de feuilles - Communauté : Les fous de vins !
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Samedi 18 mai 2013 6 18 /05 /Mai /2013 17:28

Lamothe-Bergeron-Riz.JPGParis. Pour un déjeuner au Goust, autour des vins de Château Lamothe-Bergeron, Cru Bourgeois du Haut-Médoc. 

 Le Goust - goût en vieux français - est, me glisse-t-on à l'oreille, la « table du moment »... Ouvert il y a quelques mois par Enrico Bernardo, Meilleur Sommelier du Monde, dans un des quartiers les plus chics de Paris, entre Opéra et place Vendôme, rue Volney, au premier étage d'un très bel immeuble du Second Empire. Il abrite l'Éléphant Paname, lieu pluriculturel, avec salle de danse, galerie d'art et, en ce moment, une exposition baptisée César l'Empreinte... Après le café ?

Pour son deuxième établissement parisien, le plus français des Italiens, déjà propriétaire des Il Vino, à Paris et Courchevel, a débauché un chef espagnol de Valence, José Manuel Miguel, qui a lancé ses premières banderilles culinaires dans les arènes du Bristol, époque Fréchon. La formule du Goust : le client choisit son plat et le sommelier son vin ... Et pas plus de trente-six couverts, dans un décor soft, chic et chocolat, banquettes et sièges moelleux, service impeccable, costume noir et cravate rouge pour tout le monde.

LamotheBergeron-Cochon.JPG

Nous avons eu droit à une royale de poivrons en mise en bouche, avant un délicat et japonisant tartare de bœuf, sauce teriyaki et wasabi. Pour suivre, le riz bomba de l'Albufera, morilles, foie gras et lardo di Colonnata (photo du haut), moins surprenant que son intitulé; puis du délicieux et goûteux cochon de lait confit, peau croustillante, radis noir et purée de célerie-rave (photo ci-dessus). Au désert, panacotta et framboises fraîches, glace pistache, une véritable gourmandise...

Dans les verres, les quatre derniers millésimes de Château Lamothe-Bergeronpropriété de Cognac H.Mounier et Cognac Hardy, depuis 2009, aujourd'hui conseillée par Hubert de Boüard (Angélus). Fiche technique, en quelques mots ? Soixante-sept hectares de vignes, du merlot (58%), du cabernet sauvignon (38%), du cabernet franc et du petit verdot (2% chacun) plantés sur des graves pleines de cailloux. Lutte raisonnée, vendanges en vert, vinification en cuves inox, élevage de douze à dix-huit mois en barriques (30% de bois neuf). Quant aux étiquettes, elles reprennent une très jolie gravure du château parue dans le Féret.

Alors, dans l'ordre d'apparition, on nous a servi ...

- 2012. 55% de merlot, 45% de cabernet sauvignon. Du fruit, de l'amplitude, de la générosité, du boisé déjà très fondu, et pour le coup une remarquable..." buvabilité " pour un primeur.

- 2011. Mis en bouteille il y a un mois, il aurait demandé à être carafé... Un peu austère au premier nez derrière le primeur, moins de merlot (45%) que dans le précédent, petite pointe de poivron, rond, gourmand, élégant, jolie longueur.

- 2010. 60% de merlot cette fois, superbe millésime, beaucoup de fond, du fruit mûr et dense, tanins soyeux, grand vin plaisir, presque croquant, un peu canaille.

- 2009. Merlot et cabernet à parts égales, nez très complexe sur le fruit, notes de sous-bois et de cacao, très ouvert, droit dans ses bottes, élégant, plus ... châtelain que le précédent.

Un mot encore pour parler gros sous : à douze euros en moyenne la bouteille, prix public, Château Lamothe-Bergeron affiche un remarquable rapport prix/plaisir, à l'heure où certains châteaux font exploser les compteurs. A encaver, donc, de toute urgence.

Les petites lampées reviennent bientôt...

 

Par Alain Fourgeot - Publié dans : Les petites lampées - Communauté : Les fous de vins !
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Samedi 18 mai 2013 6 18 /05 /Mai /2013 16:29

Laveze.JPG

Gérard Lavèze. Amateur de bons vins et de bonnes tables, épicurien, mais pas que... Grand voyageur, collectionneur de cactus (il en possède plus de 1.500), cinéphile, Gérard Lavèze est également un mélomane passionné, avec une prédilection pour le piano, fréquentant régulièrement Pleyel, Gaveau et les festivals. Retraité de l'industrie pharmaceutique, notre fou du jour vit aujourd'hui sous le soleil de Grasse. Merci pour ces réponses et à bientôt, autour d'un verre, face à la Grande Bleue...

- Le premier verre ? Le déclic ? Je ne me souviens pas du premier verre  (enfant, avec mon grand père, grand amateur de bourgogne rouge)... Je n'ai pas touché au vin pendant des lustres et j'ai repris il y a une dizaine d'années, avec un issan 1975.

- Le meilleur souvenir de dégustation ? Sans aucune discussion c'est ducru-beaucaillou 1999, bu avec mon fils ainé, un Noël très spécial, après le décès de ma femme. Une grande émotion, une explosion de fruits en bouche, une grande longueur, on en reparle encore. Maturité maximale je suppose .
- Cave ou armoire ? Combien de bouteilles ? Ni cave ni armoire donc j'essaye de ne pas trop stocker; environ trente à trente-cinq bouteilles maxi. Moins de bordeaux en ce moment je suis sur des blancs et plus spécialement sur des chablis et des saint-aubins.
- Les trois coup de cœur du moment ? 
. Domaine Race, à Chablis, des premiers crus 2010 sous les 10 euros, frais légers, sur une minéralité plaisante ( Montmains et Vaillons pariculièrement )
. Domaine Françoise et Denis Clair, saint-aubin 1 er cru, les Frionnes 2009, bien beurré, un accord parfait avec une belle volaille. Très voisin d'un puligny .

. Enfin la fin de mes petit-bocq 2000 que j'ai adorés, un des meilleurs rapports qualité prix ( plus maintenant !! ) fruité, puissant, long, ce vin m'a enchanté .

Par Alain Fourgeot - Publié dans : Fous de vin - Communauté : Les fous de vins !
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Vendredi 17 mai 2013 5 17 /05 /Mai /2013 19:47

Invignez-vous---2.jpg

Livre. Après trois jours d'abstinence et de thé vert, on ne rit pas, je me suis remis à boire... Et j'ai donc ouvert une bouteille de reuilly rouge (Domaine Vincent, 2011), pour déguster le dernier chapitre de l'excellent livre de Jacques Dupont, Invignez-vous ! (Éditions Grasset. 9,90 euros). Histoire de dire, aux hygiénistes de tout poil, à ce bon monsieur Évin, au renard argenté Jospin, sous le gouvernement duquel a été adopté la loi éponyme, aux Battel, Got, Cahuzac et aux membres de l'Association nationale contre l'abus des boissons alcoolisées, que je suis solidaire du manifeste signé par le Monsieur Vin du magazine le Point ... En cent quarante pages, l'auteur de Choses bues règle son compte à tous les empêcheurs de débouchonner tranquille... Mais attention, il ne s'agit pas seulement d'un gros billet de mauvaise humeur, l'ancien électron des radios libres sait de quoi il cause, son livre est parfaitement documenté, les arguments et les chiffres des ligues anti-alcooliques, détricotées; la loi Évin, présentée pour ce qu'elle est, c'est à dire inefficace dans sa lutte contre l'alcoolisation des jeunes, notamment. Comme Jacques Dupont, nous sommes un certain nombre à nous ...invigner et à nous indigner, par exemple avec la pétition pour que le vin entre au patrimoine culturel et gastronomique protégé français... Objectif : que la loi Évin face le distinguo entre alcool et vin. Une promesse du candidat Sarkozy venu boire un verre de sancerre sur le Piton, pendant sa campagne de 2007. On sait ce qu'il en advint... Et il est à craindre que rien ne change au « pays des grand crus où la loi Évin interdit toute publicité et toute communication portant sur le plaisir du vin, alors que celui-ci représente la seconde rentrée de devises...» Sauf, peut-être, si nous faisons pression auprès de la représentation nationale...

En attendant, signez la pétition, interpellez vos élus et ... Invignez-vous ! avec Jacques Dupont.

Par Alain Fourgeot - Publié dans : Bruits de feuilles - Communauté : Les fous de vins !
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Lampées de fous de vin

Tous fous de vin !

Aux fous ! Vieille vigne de soixante ans, née de l'autre côté de la Grande Bleue, mais dont les racines sont dans le Jura, je vis aujourd'hui en Berry, entre Sologne, Sancerre et marais de Bourges. Dans ce blog, j'évoque l'actualité des vignobles, notamment de la Loire, je raconte des histoires de dégustation d'un peu partout et je donne la parole à des fous de vin, auxquels je peux envoyer mon questionnaire sur simple prise de contact ci-dessus. Ceux qui souhaitent être informés de la parution des articles peuvent s'abonner à la newsletter, ci-dessous (c'est gratuit) sans décocher la case "chroniques". Commentaires bienvenus. 

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