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Aux fous !

Buveur, mangeur, cuisineur, voyageur, randonneur, jardineur, peinturlureur, champignonneur, pêcheur. À mes heures ... 

Je partage ici mes coups de cœur et mes découvertes avec d'autres Fous de vin que j'invite à répondre à mon petit questionnaire. 

Prenez contact.

Alain Fourgeot. 

Publié par Alain Fourgeot

Et si Bacchus était ... Élodie Cadiou, folle à cause de Châteauneuf-du-Pape...

ÉLODIE CADIOU. Quand on lui demande qui elle est, Élodie Cadiou donne cette jolie réponse : « La fille de mes parents : un père artiste-peintre et décorateur pour le cinéma, une mère fabuleuse et douée pour tout. » Sinon, sa vie ? « Longtemps, j’ai été à la fois intermittente du spectacle (dans le cinéma, côté montage), une jeune mère de trois enfants, et patronne du Café noir, l’entreprise conjugale ». Le décor est planté. Et puis, en décembre 2003, elle dit avoir eu une « révélation bacchique ». Tout s'enchaîne. Elle "fait" sommellerie à l'Université du vin de Suze-la-Rousse, avec un mémoire sur La femme et le vin. Avant d'ouvrir, en juin 2012, dans le cinquième arrondissement parisien, une cave merveilleusement baptisée Et si Bacchus était une femme. Où je ne manquerai pas de passer un de ces jours... Merci, Élodie d'être la première folle de vin de la rentrée.

- Le déclic ? Le premier verre ? Le déclic : un chai à Châteauneuf-du-Pape, un dimanche après-midi d’hiver, en compagnie de ma meilleure amie et d’un vigneron qui nous débouche toute sa gamme, à une époque charnière de ma vie : à l’issue d’une dégustation inoubliable, je prends la décision "d’arrêter mon cinéma" et de reprendre des études, en sommellerie cette fois ! Le premier verre : Un "canard" dans la tasse dominicale de "calva", tendue par mon père, à Condé-en-Brie. J’avais six ans. J’adore encore les canards sucrés dans le calvados…

- Une devise ? « Beuvez tousjours, ne meurez jamais », en Rabelais dans le texte !

- Le meilleur souvenir de dégustation ? Une dégustation à l’aveugle à Suze-la-Rousse. C’était mon tour de commenter un vin (rouge). Il avait une robe profonde, et luisante comme la gorge d’un corbeau. Son nez prononcé d’asphalte me surprit, car il écrasait des notes franches de cassis. En bouche, je retrouvais certes ces touches de fruits noirs, et un joli boisé qui m’évoquait l’ébène d’un meuble Empire. Mais, en le buvant, à l’instar de sa couleur et de ce nez goudronné, j’eus l’impression d’être transparente et, en m’emplissant, de prendre la couleur de l’encre, comme dans un dessin animé. Le prof de dégustation applaudît à mon commentaire en faisant taire les moqueries du groupe à propos de ce vin qui "taillait la route". C’était un haut-brion, grand vin de ville, dont j’ai oublié le millésime. Je n’en avais encore jamais bu.

- Cave ou armoire? Combien de bouteilles ? Aucune, à la maison : ni cave, ni bouteilles. En revanche, en tant que caviste, vous imaginez !.. Plus précisément, je propose environ trois cent cinquante références. Et, bien sûr, une armoire réfrigérée trône en boutique.

- Les trois coups de cœur du moment ?

. La cuvée Wild Boar 2011 du Domaine de la Consolation (Roussillon). Une syrah au goût sauvage, que j’affectionne autant que les sangliers de la région qui la croquent à la dérobée.

. Château la Levrette 2006. Un rouge des côtes-de-blaye issu de cabernet-sauvignon et de merlot, bichonné par Laëtitia Mauriac : un vin puissant, corpulent, doté d’une belle matière en bouche, et qui me remplit d’émotion.

. Ali Boit Boit et les 40 Buveurs d'Agnès Paquet et David Moret. Un pétillant de Bourgogne appétant, issu d’aligoté et de chardonnay. Rafraîchissant, amusant, il met la bouche en joie, et offre une finale d’une jolie sucrosité.

Et si Bacchus était ... Élodie Cadiou, folle à cause de Châteauneuf-du-Pape...

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