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Aux fous !

Buveur, mangeur, cuisineur, voyageur, randonneur, jardineur, peinturlureur, champignonneur, pêcheur. À mes heures ... 

Je partage ici mes coups de cœur et mes découvertes avec d'autres Fous de vin que j'invite à répondre à mon petit questionnaire. 

Prenez contact.

Alain Fourgeot. 

Publié par Alain Fourgeot

Manoel Bouchet, directeur de WineBid France et fou de bourgognes, se souvient des Bonnes Mares 1959...

MANOEL BOUCHET. Il est le directeur France de WineBid.com, « le leader américain de la vente aux enchères de vins haut de gamme sur internet et le deuxième plus gros site au monde dans cette catégorie ».  Fondé en 1996, dans la Silicon Valley, Californie, le site, accessible sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre, propose cinquante-deux enchères par an pour une moyenne de cinq mille bouteilles vendues. Dans sa stratégie de développement, WineBid a lancé, il y a deux ans, un nouveau service en France qui permet aux collectionneurs internationaux d'avoir accès, en quelques clics, « à des crus et millésimes d'exception issus de nombreuses caves françaises ». C'est depuis Beaune et, désormais, Bordeaux, que la consignation et la logistique sont orchestrées sous la direction de Manoel Bouchet, notre fou de vin du jour...

 

Quarante-huit ans, marié, famille recomposée, dorénavant basé à Beaune, après une longue période de « globe-trotting et de dégustations débridées aux quatre coins du monde », Manoel Bouchet se définit comme un «homme de projet et entrepreneur dans l’âme », un  « touche-à-tout animé par les projets des hommes et des femmes qui me sollicitent ».

« Mentoré dans la filière vin par Jacques Lardière*, Martin Williams, master of wine en Australie and Terry Adams, wine maker de la Sonoma Cutrer Cal », il avoue « une approche éclectique du vin en s’attachant à ne pas tomber dans le dogme ». Attentif à l’environnement et au mouvement Clean, il contribue, avec une équipe engagée d’experts, à créer et déployer de nouveaux modèles au sein du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (Bivb) à Beaune et de l'Institut Jules Guyot à Dijon. Ses réponses...

 

- Le déclic ? Le premier verre ? Une histoire ?

Domaine Louis Chenu, à Savigny-les-Beaune. Douze ans, février 1986, sur des vins rouges froids (Savigny 1er Cru Aux Clous) en pleine malo. Louis me dit sous le regard amusé de mon père: « Petit, il est temps de découvrir le vin, mais surtout tu ne craches pas à l’intérieur…». L’expérience s’est conclue par une grimace, une sensation singulière et un ‘spit’ à côté du crachoir pour l’essentiel. Je m’en souviens comme si s’était hier.

 

- La devise ? « Faire du doute une opportunité »,  Winston Churchill.

 

- Le meilleur souvenir de dégustation ?  Bonnes Mares 1959, Domaine Louis Jadot. L’expérience ultime dans l’authenticité, la pureté, les équilibres, la résonance…Expérience incroyable. 1959 comme le millésime mythique en Bourgogne à mon sens et le tout commenté par Jacques Lardière* pour atteindre une autre dimension.

 

- Cave ou armoire ? Combien de bouteilles ? Cave et armoire. Très peu en fait, je fais partie de cette génération qui n’accumule que très peu et qui expérimente et explore en permanence. Aujourd’hui avec la globalisation et la multiplication de l’offre, tout, ou presque, est accessible, alors j’en profite pour continuer mes découvertes ou redécouvertes. Dans un temps lointain j’ai eu jusqu’à mille bouteilles en cave, mais la multiplication des dîners-dégustations avec des amis venus des quatre coins du monde auront asséché cette réserve. Aujourd’hui mon métier me donne accès à beaucoup de flacons plus ou moins ambitieux.

 

- Les trois coups de cœur du moment ?

 

. Sylvain Pataille, rouge, pinot noir, Marsannay-la-Côte, l’Ancestrale 2018. Assurément visionnaire sur un pinot noir septentrionale avec une palette aromatique délicieuse, une densité tannique maitrisée et une texture de velours.

 

. Grégory Patriat, Maison Jean-Claude Boisset, blanc aligoté Corvée aux Moines 2018. Un des makers les plus talentueux de sa génération, membre des Aligoteurs, qui a su travailler un cépage endémique de Bourgogne pour lui donner ses lettres de noblesse. Terroir de Puligny-Montrachet. L’expérience de l’aligoté comme vous ne l’avez certainement jamais eue. Petits rendements à moins de cinquante hectos à l'hectare. Vendanges à pleine maturité. Et à ces conditions, l’élevage en fût de chêne français est possible (450 litres pendant dix-huit mois comme un grand cru). Nez floral légèrement grillé. Structuré mais tendu en bouche et plus vif qu’un chardonnay avec une retro persistante.  Grégory réuni les conditions nécessaires et indispensables sur ce cépage pour exprimer le terroir de Bourgogne.

 

. Xavier Copel,  Micro Négoce à Bordeaux en parcellaire (approche disruptive), Saint-Émilion Grand Cru 2016 – 95% merlot / 5 % cabernet franc. Parcelle de vignes située sur le plateau de Figeac, au lieu-dit Cheval Blanc Ouest. Terroir unique de graves sur argileux bleus, pour un vin tout en élégance et générosité qui sait allier densité et finesse. Un hyper maîtrisé pour une équilibre assuré. Absolute must taste !**

 

* Pour en savoir plus sur Jacques Lardière, lire le papier que lui a consacré Nicolas de Rouyn dans Les Échos.

** Doit absolument être goûté.

- Crédit photo : armellephotographe.

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