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Aux fous !

Buveur, mangeur, cuisineur, voyageur, randonneur, jardineur, peinturlureur, champignonneur, pêcheur. À mes heures ... 

Je partage ici mes coups de cœur et mes découvertes avec d'autres Fous de vin que j'invite à répondre à mon petit questionnaire. 

Prenez contact.

Alain Fourgeot. 

Publié par Alain Fourgeot

Bon-pasteur-2.jpgBordeaux. L'homme se définit comme un « œnologue paysan » mais vous ne trouverez personne pour l'appeler ainsi. Michel Rolland, a les pieds bien ancrés sur terre mais passe la moitié de sa vie là-haut, en avion. Des flying winemakers, qu'on les appelle, ces œnologues globe-trotters. Ce Bordelais de cinquante-huit ans est l'un des plus célèbres. Deux chiffres pour s'en convaincre, ça cause toujours les chiffres... Une douzaine de crus en propriété et une centaine de domaines en " conseils ", dans plusieurs pays, États-Unis, Italie, Espagne, Argentine, Afrique du Sud, sans oublier la France; sept cents vignerons bordelais font appel à son laboratoire... Ce succès a son revers, la critique. Michel Rolland n'a pas beaucoup apprécié d'être présenté comme le symbole de la mondialisation du goût du vin dans le film Mondovino de Jonathan Nossiter. Qu'importe, il a le dos large et n'a pas besoin de souffler dans l'oliphant pour demander de l'aide. Sa " petite " entreprise ne connaît pas la crise. Et sa réponse se résume  en une phrase :« Je fais des vins de grand caractère car les autres m'emmerdent.»

Des vins de caractère, pour sûr. On l'a vérifié l'autre soir au restaurant gastronomique du palace bordelais Le Régent Grand Hôtel de Bordeaux. Autour des vins de la Rolland Collection, le chef une fois étoilé du Pressoir d'Argent, Pascal Nibaudeau, avait concocté ce dîner d'exception. Le flying ... et sa femme Dany, étaient là; ils sont toujours à Bordeaux pendant la Semaine des Primeurs, " volant " de château en château. À noter que pendant tout le mois d'avril le second restaurant du Régent, la Brasserie de l'Europe, propose, au verre, des vins sélectionnés par Michel Rolland. 

plat-regent.jpgCe dîner donc. Les convives étaient accueillis avec un sauvignon blanc Mariflor 2009, de la Valle de Uco à Mendoza en Argentine. Frais, boisé fondu, " californien ", comme dirait l'autre, mais pas trop, il a fait l'affaire jusqu'à l'amuse-bouche, une raviole de thon rouge sur une écume de petits pois frais. Débarquèrent dans la vague, des langoustines de Nouvelle Zélande, poëlée et tartare, agrumes de carottes, émulsion de safran et vanille ( la photo) accompagnées d'un vin blanc de Lussac Saint-Émilion, Rive droite, Château La Grande Clotte 2009, citronné et vanillé, rond, "sudiste", élégant, avec une belle présence du sémillon et de la muscadelle.

Defi-Fontenil.jpgBlanc-Grande-Clotte.jpgOn est reparti ensuite en croisière vers l'Afrique du Sud, avec un rouge de Stellenbosch, Bonne Nouvelle 2004, plein de fruits, épicé, merlot ( 64%), cabernet et pinot noir, vieilles vignes, pour un joli et inattendu dialogue avec une anguille fumée, crémeuse de morilles, truffes, céleri et noisette. Mais le meilleur était à venir avec une magnifique interprétation du célèbre tournedos Rossini, pièce de bœuf et foie gras en croûte, févettes, petits pois, mousseline de panais, lard confit, réduction de vin rouge en compagnie d'un vin de table... le Défi de Fontenil 2001, ainsi classé et baptisé suite à un conflit avec l'Inao pour une affaire de bâches en plastique posées dans les vignes. (link). Superbe ! Un vin de table grand cru. Plein, fruité, long comme devrait l'être une caresse... On en serait bien resté là. Mais il aurait été dommage de rater les pommerols du château familial, Bon Pasteur, sur deux millésimes 1998 (parfait) et 1995 (moins fringant), malheureusement proposés sur le fromage. Je n'aime pas les rouges sur le fromage ! J'ai donc gardé le fond de mes deux verres pour le dessert au chocolat, amer, en soufflé, en moelleux et en sorbet à la fleur de sel... Savoureux. Sans oublier de goûter les deux derniers vins de la Rolland Collection. Des malbecs d'Argentine, Yacochuya 2004 de Salta et Val de Flores 2004 de Mendoza. J'aime le malbec, mais là, j'étais un peu HS comme on dit à l'armée. Mes pensées vagabondaient entre les coquillages de la frise qui cerne la magnifique salle du Pressoir décorée par Jacques Garcia. Et dire que Michel Rolland avait dégusté quelque soixante échantillons de primeurs dans l'après-midi. Une rigolade (pas régalade) pour lui! Mais bon, n'est pas flying makewiner qui veut...

Les petites lampées reviennent bientôt...

  

 

 

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jean françois hesse 07/04/2011 12:02


Quel beau dîner d'exception !