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Aux fous !

Buveur, mangeur, cuisineur, voyageur, randonneur, jardineur, peinturlureur, champignonneur, pêcheur. À mes heures ... 

Je partage ici mes coups de cœur et mes découvertes avec d'autres Fous de vin que j'invite à répondre à mon petit questionnaire. 

Prenez contact.

Alain Fourgeot. 

Publié par Alain Fourgeot

Ferrand-Lartigues.JPGBourges. Ce soir en rentrant de Nancay, le petit village cher à Alain-Fournier, j'ai ouvert ma dernière bouteille de ferrand-lartigue 1997... En souvenir de Pierre Ferrand, créateur et propriétaire du domaine, avec sa femme Michèle, décédée il y a quelques années. La petite église solognote était évidemment trop petite pour accueillir tous ceux qui voulaient rendre hommage à l'ancien patron berruyer, successivement président de plusieurs chambres consulaires, dont la Chambre de Commerce et d'Industrie du Cher, décédé lundi à l'âge de soixante-quinze ans. L'homme était un roc, une stature, un personnage comme on dit, un homme de caractère, plein d'humour, entier, un bon vivant, épicurien, aimant la nature, la chasse, la table et le vin ... Tardivement, presqu'à l'heure de la retraite, son épouse et lui étaient repartis sur les bancs de l'école, à Bordeaux, pour apprendre la vigne et le sang de la terre, après avoir fait l'acquisition d'un petit domaine de six hectares au pied de la colline de Saint-Émilion, ceinturant une magnifique petit "château" de pierre que Michèle avait décoré avec un goût exquis. Pierre s'en est séparé après la mort de sa femme. Ce projet n'avait de sens qu'avec elle. C'est à Lartigue que les Ferrand aimaient accueillir leurs amis, notamment pour les vendanges, auxquelles j'ai eu la joie d'être invité. Avec Olivier, son fils, nous avions rapporté des cèpes de la forêt de Nancay qu'il aimait tant, avant de faire une verticale de ferrand-lartigue, dont les premiers millésimes avaient été rapidement remarqués par le gourou Parker. A la fin du séjour, il avait glissé, en toute discrétion, dans le coffre de la voiture, une caisse de ce saint-émilion Grand Cru 1997. « Tu verras, il se goûte très bien en ce moment », m'avait-il lancé. On ne sait pas beaucoup revus depuis cette date. Il y a eu la maladie de Michèle, la sienne, le temps qui passe... Je prenais des nouvelles, lors de mon passage aux primeurs bordelais, auprès de sa fille Béatrice (Rapin), elle-même installée aujourd'hui à Saint-Émilion. Avec son mari Vincent, elle gère un joli domaine baptisé Valmengaux.

Mardi soir, j'étais à Saint-Émilion et, au cours d'un dîner, nous avions parlé de Pierre et de sa vigne, de son humour et de son amour pour Saint-Émilion, sans savoir qu'il était déjà parti rejoindre Michèle. Ces petites lampées de ferrand-lartigue, je vais les déguster les yeux fermés ...   

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