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Aux fous !

Plus on est de fous et plus on boit ! Et plus on partage ... Nous sommes bientôt deux cents. Blogueurs, journalistes, sommeliers, cavistes, restaurateurs, passionnés. Rejoignez-nous ! En répondant à ce questionnaire. Si vous voulez le recevoir par mail, prenez contact. Et n'oubliez-pas de joindre une photo de vous, verre en main, bien sûr...

- Qui êtes-vous ? Que faites-vous ? Votre auto-portait.

- Le déclic ? Le premier verre ?

- Une devise ?

- Le meilleur souvenir de dégustation ? (avec quelques lignes d'explications)

- Cave ? Armoire ? Combien de bouteilles ?

- Les trois coups de cœurs du moment ? (appellation, couleur, nom de domaine, appréciations).

Au plaisir de vous lire.

Alain Fourgeot.

 

Publié par Alain Fourgeot

Haut-Corbin-et-Chidaine.JPGBourges. Pendant que tous les saints de la blobloblablaglouglousphère polémiquaient et se déchiraient sur leurs blogs ou via Facebook sur le talent et la pertinence des uns et des autres, nous - car nous étions plusieurs - avons passé ce long, très long week-end, ce grand pont, à nous balader en Sologne et à blablater autour d'une grande table bien garnie et de quelques flacons. On a commencé samedi soir, avec une crème de sucrine du Berry légèrement relevée de muscade et un montlouis-sur-loire de François Chidaine. On l'avait ouvert à l'apéritif, sur des petites tranches de pain grillé tartinées de foie gras cuit au sel et au poivre. Faut-il présenter cette figure emblématique de l'appellation ? Il possède une vingtaine d'hectares sur les appellations Montlouis et Vouvray qu'il cultive en biodynamie, certification Byodivin depuis 1999. François Chidaine, qu'on a toujours plaisir à rencontrer au Salon des vins de Loire d'Angers, est fou amoureux du chenin, qu'il « vendange à la main, à maturité optimale, par tris successifs et par parcelles, avant de vinifier dans des demi-muids de six cents litres dont 10% de bois neuf». « L'absence de fermentation malolactique préserve la vivacité du chenin », explique-t-il. Bon, sa cuvée Les Bournais 2008, avec ses notes exotiques, ses pointes de truffes blanches et sa jolie rondeur a fait merveille (18,50 euros chez les cavistes) et on aurait même pu en garder un peu pour la suite si la gourmandise n'était pas notre vilain défaut...

La suite ? Une simple omelette aux cèpes que nous avions ramassés dans l'après-midi sous les chênes de la forêt de Vouzeron, avec quelques chanterelles tuyaux d'orgues, qu'on a conservées pour le lendemain... Et pour accompagner ce plat de roi, un saint-émilion, millésime 1998, de Château Haut-Corbin. Grand Cru Classé, propriété des Mutuelles du Bâtiment et des Travaux Publics, ce rejeton de la grande famille des Corbin, aujourd'hui conseillé par le maître d'Angélus, Hubert de Boüard, doit son caractère un peu unique à son terroir, dans le prolongement de celui de Pomerol, et à la qualité de ses vieux merlots qui rentrent pour 65% dans l'assemblage, complété par 25 % de cabernet-sauvignon et 10% de cabernet-franc pour le fruité. Jolie bouteille, en vérité, élégante, pleine d'arômes, soyeuse, porteuse de quelques notes évoquant les sous-bois que nous avions parcourus l'après-midi.

Sociando-et-Luberon.JPG

Le lendemain, nous avons poursuivi nos agapes avec des terrines de volaille et de lapin, suivies d'un canard aux olives et aux navets (du jardin) et de la poêlée de chanterelles grises ramassées la veille. Pour "le boire", comme dit Benjamin, d'abord un vin du Lubéron, le Classic 2009, de Marrenon, une coopérative de mille deux cent vignerons qui propose une jolie gamme de vins. On a bien aimé cet assemblage de syrah et de grenache, gouleyant, souple, à la fois fruité et épicé, parfait sur les terrines.

de Chantegrive rougeNous sommes ensuite passés directement dans les Graves avec la Cuvée Henri-Lévêque 2007 de Château de Chantegrive. Jolie robe, nez de fruits rouges, encore sur des notes de bois, opulent et vif, doté de jolis tanins et joyeux compagnon de ce col-vert tué il y a quelques jours sur un étang du Boischaut. Avec le second service, histoire de finir les magrets et de saucer la cocotte comme il se doit, j'ai sorti un haut-médoc 1996: Château Sociando-Mallet, propriété de Jean Gautreau, ancien courtier qui tomba un jour en amour pour cette magnifique propriété de Saint-Seurin-de-Cadourne. La grande classe, cette bouteille ! L'élégance, l'équilibre, le fruité, la longueur, la suavité, les notes de cuir... On s'est attardés longuement sur ce bonheur simple et on aurait bien cuit un autre canard mais, comme disait Robert Lamoureux, il était toujours vivant...

Vins-jaunes.JPG

Le lendemain, autre rendez-vous et autre coin de France. Voilà des années qu'on se promettait d'ouvrir deux bouteilles de "jaune", comme on dit dans le Jura, et de les déguster avec des cuisses de grenouilles à l'ancienne. D'abord farinées, puis poêlées dans du beurre et de l'huile, elles sont ensuite couchées dans un grand plat à grattin. Entre chaque couche, une tombée de persil et d'ail finement hâchés. Il faut déglacer la poêle avec du vin jaune pour bien arroser le plat qui doit passer au four chaud quelques minutes pour servir bien chaudes ces jambes de batraciennnes. Les vins ? Un "jaune" d'Arbois, 1976 de chez Henri-Maire, sur la noix, voire l'huile de noix, un peu gras, qui aurait pu être bu peu plus tôt. Le seconde bouteille, millésime 1983, provenait du Domaine Morel-Thibault, à Poligny, la capitale du comté. Nez de noix verte, acidité tranchante, complexité aromatique, belle énergie... On a évidemment poursuivi avec un comté avant de se séparer en se disant, qu'au nom de tous les saints, il y avait des week-ends parfois bénis...

Les petites lampées reviennent bientôt...

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