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Aux fous !

Buveur, mangeur, cuisineur, voyageur, randonneur, jardineur, peinturlureur, champignonneur, pêcheur. À mes heures ... 

Je partage ici mes coups de cœur et mes découvertes avec d'autres Fous de vin que j'invite à répondre à mon petit questionnaire. 

Prenez contact.

Alain Fourgeot. 

Publié par Alain Fourgeot

Quand les petites lampées butinent à L'Abeille avec Château Lascombes ...

PARIS. Privilégiés et gâtés ! Quelques jours avant les primeurs, qui débutent ce lundi, Dominique Befve, le directeur général de Château Lascombes, Grand Cru Classé de Margaux, a débarqué semaine dernière, à l'ombre de la Tour Eiffel, avec quelques flacons du 2017... Dégusté à l'heure de l'apéritif, dans l'attente des derniers convives, les Parisiens arrivant toujours bien plus tard que les provinciaux, même un jour de grève à la senecefe... Gougères, savantes autant que délicates mises en bouche, sur le foie gras, la betterave rouge et le radis, dans la somptueuse salle à manger fleurie de L'Abeille, symbole napoléonien, voyez, le restaurant doublement étoilé du Shangri-La, l'impérial palace de la rue d'Ièna... 
Alors ce 2017 ? Je ne sais pas ce qu'en penseront et écriront les sommités pinardières du monde entier qui ont rendrez-vous ces jours-ci dans le Bordelais, pour ce très couru rendez-vous d'avril qu'est la Semaine des primeurs, mais il a fait ici la quasi unanimité. « Ce fut un millésime compliqué et hyper technique mais nous sommes très heureux du résultat » avait prévenu Dominique Befve, précisant que ce millésime était dominé, chose assez rare à Lascombes, par 60% de merlot évidemment assemblé au cabernet sauvignon et « qu'il sera très agréable à boire d'ici quatre quatre cinq ans ».  Mais le plaisir est déjà là... Joliment habillé, brillant, sur un nez très fruité, vif à l'attaque, presque gouleyant, digeste, boisé juste ce qu'il faut, à la fois charnu et souple, sans cette astringence qui rend parfois difficile la dégustation des primeurs, il nous a mis les papilles joliment en éveil avant de passer à table pour déguster le prometteur menu préparé par le chef Christophe Moret. On lit ensemble : tartelettes de véritables champignons de Paris et anguille de Touraine, très goûteuses;  les morilles en délicate royale, émulsion fumée, si printanières ; le foie gras de canard confit aux cinq parfums, terre végétale et légumes de nos maraîchers, aussi bon que beau; canard de la famille Burgaud, frotté au poivre/genièvre puis rôti, navets et radis à l'étuvée, vrai jus, comme on l'aime; fêves de cacao de Papouasie, crues/glacées/fumées, une assiette aussi belle que savante. Dans les verres, trois millésimes de Château Lascombes et ...

Quand les petites lampées butinent à L'Abeille avec Château Lascombes ...

...  le 2010 du second vin, Chevalier de Lascombes. Un assemblage de merlot (55%) et de cabernet sauvignon élevé seize mois dans des barriques d'un vin. Une jolie robe pourpre très brillante, laissant présager du gras, un nez complexe, très généreux, notes de fumé, d'épices douces, de cacao, de burlat. Attaque vive et franche, retour des notes de cacao et de café, de la rondeur et le gras attendu, tanins souples, finale longue et fruitée. Que du plaisir. 

Quand les petites lampées butinent à L'Abeille avec Château Lascombes ...

- Sur le foie gras, le 2009 du premier vin, assemblage à parts égales de merlot, de cabernet sauvignon et de petit verdot pour 4%, élevé pour 90% en barriques neuves. Jolie robe là encore, très foncée, nez riche et frais, sur les baies noires mûres, des notes de cuir et de cacao, belle attaque souple et veloutée, bouche riche, puissante devenant soyeuse, notes de terre humide, retour sur les fruits mûrs associés à des pointes toastées, belle et élégante longueur... 

Quand les petites lampées butinent à L'Abeille avec Château Lascombes ...

- S'il fallait partir sur une île déserte avec un seul de ces millésimes, ce serait ce 2005... Du merlot pour 52%, du cabernet sauvignon pour 45% et du petit verdot, un assemblage élevé dix-huit mois en fûts neufs. Robe rouge très sombre, nez exubérant, profond, corbeille de fruits noirs surmûris,  pointes de menthol et de réglisse, de tabac, attaque sensuelle, bouche volumineuse, tanins caressants, notes de grillé, retour des fruits sur une finale épanouie d'une remarquable fraîcheur... Oui, voilà, s'il en restait un peu, merci...

Quand les petites lampées butinent à L'Abeille avec Château Lascombes ...

- Et pour finir, le 2000 et son ancienne étiquette... Bon, on en a écrit des tonnes et des tonneaux sur ce millésime, évidemment du siècle ... et même du millénaire, c'était le premier ! Dix-sept ans plus tard, qu'en dire ? Qu'il faut ouvrir dare-dare vos flacons si ce n'est déjà fait. Robe déjà diluée, nez peu bavard, fané, bouche maigrelette sur des fruits rouges un peu trop confits, finale asséchante... Ah ! Il reste une bouteille de 2009 ? Avec les fèves de cacao, oui, merci, accord quasi parfait...

Les petites lampées reviennent bientôt...

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