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Aux fous !

Buveur, mangeur, cuisineur, voyageur, randonneur, jardineur, peinturlureur, champignonneur, pêcheur. À mes heures ... 

Je partage ici mes coups de cœur et mes découvertes avec d'autres Fous de vin que j'invite à répondre à mon petit questionnaire. 

Prenez contact.

Alain Fourgeot. 

vins-naturels.jpgNature. «Les vins naturels, ce sont des vins de vignerons qui travaillent comme leurs grands-parents, mais pas d'une manière passéiste, pas d'une manière empirique, mais d'une manière intelligible, intelligente... Le but, du vin 100% raisin.» La définition est de Marcel Lapierre, vigneron à Morgon, lue dans l'excellent bouquin de François Morel, Le Vin au naturel (Sang de la Terre). Mais peut-on apprécier les vins dits nature quand on a eu toute une vie le palais lissé par d'autres? On peut toujours essayer...

La première fois que j'ai mis le nez dans un verre de vin naturel, c'est toute une partie de ma jeunesse qui m'est revenue, celle des vacances dans la ferme familiale du Jura où nous goûtions  les vins de l'oncle Mémé que personne n'aurait osé baptiser de piquettes... Il ne connaissait que le souffre et la bouillie bordelaise, qu'il utilisait avec parcimonie, les vignes labourées par la Coquette, une magnifique comtoise à la crinière blanche qui n'avait pas son pareil pour emmener la charrue dans les coteaux, les raisins vendangés bien mûrs et foulés aux pieds.

Mon palais a depuis un peu évolué mais il me faudra encore un peu de temps et beaucoup de dégustations pour tout comprendre des vins naturels. Dernière expérience en date, une soirée vins et fromages au bar-resto berruyer Le Living à Bourges. Les flacons provenaient de la cave berruyère le Tocsin ( qui doit... bientôt ouvrir) et les fromages étaient majoritairement italiens: taleggio, gorgonzola, scarmorza, crescensa, burrata... Quel voyage ! Mais il y avait aussi des chèvres, du comté et du roquefort ainsi qu'une magnifique fromagée.

vin fromageParmi les vignerons représentés, le Sancerrois Sébastien Riffault avec sa Cuvée Akméniné à traduire par fait de pierres. C'est du litunanien, en hommage à madame. Sébastien est le fils d'Étienne et a débuté en 2004 sur une petite parcelle. Six années plus tard, il travaille cinq des douze hectares du domaine familial. Des vignes labourées, butées et débutées, griffées, légèrement enherbées. Vous aurez compris que le bonhomme est bien loin des pratiques habituelles du coin. Il a banni acaricides et insecticides, passe beaucoup de temps dans ses vignes, ne connaît que le souffre et le cuivre comme médicaments. Vendanges manuelles suivent à l'automne, « le plus tardivement possible » pour récolter des raisins mûrs. Le sulfitage pendant les vinifications est banni et l'élevage se déroule en fûts bourguignons de plusieurs vins. Pas de collage, pas de filtration, pas de soutirage, mise en bouteille après neuf à vingt-quatre mois. Objectif de la démarche: « Faire un sancerre le plus naturel possible ayant la capacité de révéler au mieux son terroir», explique Sébastien Riffault. Si donc vous croisez les cuvées Auksinis (pour doré), Skeveldra (éclat de pierre), Raudonas (rouge) et Akméniné (fait de pierres), sachez qu'il vous faudra débourser entre 18 et 25 euros. Goûtez la différence.

Des Globules à la Pie Colette

Parmi les autres vins présents pour cette soirée autour du grand plateau, les Globules Roses du Clos Mélaric, à Saumur, du cabernet franc pétillant, joyeux et fruité qui vaut le détour, qui plaît aux dames et aux jeunes. Comptez 12 euros la bouteille. Bien aimé aussi les vins de l'Alsacien Patrick Meyer; le rond sauvignon  de Loire d'Hervé Villemade (Domaine du Moulin); le côtes-du-rhône ( un cheval laboure sur l'étiquette) du Domaine Les Aphlilianthes de Daniel Boulle; la cuvée Pie Colette 2009, côtes-de-duras 80% merlot et 20% malbec du Domaine Mouthes le Bihan, vin de soif généreux et ample. Dans le genre plantage à l'aveugle, je n'ai pas identifié le chardonnay de Daniel Mondon,  vin de pays d'Urfé dans le Forez... J'étais parti du côté de mon Jura, déjà. La fatigue probablement !

Du Jura, on va en reparler. Quelques jours plus tard, pour poursuivre mon éducation, je suis reparti goûter d'autres vins dits nature. D'abord un pouilly-fumé, le Mlle M 2008, signé Alexandre Bain à Tracy-sur-Loire, un vin plein de fruits un peu confits mais minéral et doté d'une belle acidité (20 euros). Puis la cuvée Skeveldra de Sébastien Riffault qui fit merveille sur un fromage de chèvre (23 euros). Et, the last but not the least (pour aujourd'hui), la Cuvée Terre Gryphées 2007 du Domaine de La Tournelle d'Évelyne et Pascal Clairet à Arbois, un chardonnay élevé vingt-quatre mois en fûts sur lies fines, vif et frais mais dont on sent qu'il prendra du gras avec le temps (12,60 euros). Du coup j'ai eu comme des envies de repartir dans mon triangle des Bermudes à moi, entre Aumont ( les origines), Poligny (le comté) et Arbois (le vin).

Arbois, qui accueillera en 2011 la Percée du vin jaune. On y sera.


 

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