Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Aux fous !

Buveur, mangeur, cuisineur, voyageur, randonneur, jardineur, peinturlureur, champignonneur, pêcheur. À mes heures ... 

Je partage ici mes coups de cœur et mes découvertes avec d'autres Fous de vin que j'invite à répondre à mon petit questionnaire. 

Prenez contact.

Alain Fourgeot. 

Publié par Alain Fourgeot

Decoster.JPGParis. Hors du temps... Alors que les Champs Élysées sont inondés de soleil et que les touristes japonais se photographient devant les vitrines des enseignes de luxe, nous voici à l'entresol du PublicisDrugstore, dans l'Atelier Étoile de Joël Robuchon. Lumières artificielles, décor rouge et noir, clientèle cravatée, haut et grand comptoir autour de la cuisine, ambiance feutrée et fraîche. Et une petite salle de réception où est organisée la dégustation des vins de Clos des Jacobins et de Château La Commanderie. Accueil souriant et chaleureux des propriétaires, Magali et Thibaut Decoster, rencontrés il y a quatre ans, à la vieille d'un Vinexpo, pour l'inauguration, en grande pompe, de leur nouveau chais. Ils sont beaux, jeunes, respirent le bonheur  et, depuis maintenant sept ans, habitent une des belles propriétés de Saint-Émilion, entièrement remise à neuf pour abriter le couple et leurs deux jeunes enfants.

Pour attendre les invités est servi le prometteur millésime 2010 des deux propriétés, autour de fines tranches de jamon iberico de bellota. Une merveille qui se laisse manger sans compter... Et nous passons à table, les confrères et consœurs parisiens, étant enfin arrivés avec le retard du à leur emploi du temps... Devant la mise en bouche, un goûteux pâté en croûte, veau, foie gras et pistache, plat revenu en vogue sur les bonnes tables de la capitale, si l'on en croient les chroniqueurs, Thibaut Decoster confie avoir toujours rêvé d'être viticulteur. « Cela remonte à l'adolescence mais pour me convaincre que j'étais bien fait pour ça, je suis parti travailler en 2001 à Château Fieuzal, appellation Pessac-Léognan, pendant trois ans. J'y ai tout fait. Ce fut très formateur.» En 2004, le papa, Bernard Decoster, fait l'acquisition des deux domaines, déjà conseillés par Hubert de Boüard, propriétaire de Château Angelus, devenu depuis un consultant réputé. « Nous sommes littéralement tombés amoureux de la région de Saint-Émilion et du village médiéval » ajoute Thibaut en regardant Magali. « C'est une chance inouie de pouvoir vivre dans un endroit aussi merveilleux.» On veut bien le croire...

Débarque, dans le grand ballet des hommes en noir, le foie gras de canard chaud aux cerises et amandes fraîches ( en photo ), sur le millésime 2008, élégant et fin. Le clos-des-jacobins se montre racé, ample. L'amande fraîche croque sous la dent, la cerise joue un concerto avec une jolie lampée de la-commanderie, délicat et fruité. On passe ensuite à l'agneau de lait de Lozère, en petites côtelettes à la fleur de thym, en duo avec la célèbre purée Robuchon. On nous en propose plusieurs fois. On en reprend. Thibaut Decoster s'extasie, en même temps qu'il parle du 2007, servi précédemment,  « peu être le millésime le plus accessible aujourd'hui, prêt à boire, mais il sera encore très bien dans quelques années.» De fait. Au même moment  arrive le 2006, plus imposant mais plus fermé, qui montrera son caractère quelques minutes plus tard, quand passera l'assiette de fromages, lesquels, décidément, s'accordent mal avec les rouges. Tout le contraire avec le désert, premières fraises gariguettes, crème Madame à la vanille de Tahiti, proposé avec le 2005, superbe, complet, plein, « probablement assez proche de ce que seront les 2009 et 2010 », explique Thibaut Decoster. « Nous sommes arrivés au domaine après les vendanges 2004 et ce 2005 est en fait notre premier millésime, précise-t-il, et je dois dire que nous avons été particulièrement gâtés.» Comme un conte de fée... On revient sur quelques millésimes. La Commanderie 2007, parfait, sur le fruit noir, rond; Jacobins 2005, tout en velours. Très belle dégustation au final.

Arrive l'heure du café escorté de madeleines tièdes au miel et citron. Ma voisine parle de Proust, tiens... Encore une madeleine ? « J'adoooore ! ». Il est temps de retrouver le soleil et la foule sur les Champs...   

 

Fiches techniques.

- Clos des Jacobins. Grand Cru Classé de Saint-Émilion. 8,5 hectares, sol argilo-calcaire. Encépagement: merlot (75%), cabernet franc (23%), cabernet sauvignon (2%). Vendanges manuelles avec tris successifs. Vinification: macération à froid, pigeages, malolactique en barriques neuves à 100%. Élevage: dix-huit mois. 40.000 bouteilles.

- La Commanderie. Saint-Émilion Grand Cru. 6 hectares, sol de graves et de sables ferrugineux, en limité de Pomerol 85% de merlot et 15% de cabernet franc. Vendanges manuelles avec tris successifs. Vinification: pigeages, malolactique en barriques neuves à 50%. Élevage: dix-huit mois. 30.000 bouteilles.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article