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Aux fous !

Buveur, mangeur, cuisineur, voyageur, randonneur, jardineur, peinturlureur, champignonneur, pêcheur. À mes heures ... 

Je partage ici mes coups de cœur et mes découvertes avec d'autres Fous de vin que j'invite à répondre à mon petit questionnaire. 

Prenez contact.

Alain Fourgeot. 

Publié par Alain Fourgeot

Vendanges ‡ Sancerre - B Roumet-BIVCSancerre. Des nouvelles des vignobles du Centre-Loire... Bertrand Daulny, le directeur du Sicava (Service interprofessionnel du conseil agronomique de vinification et d'analyses du Centre) fait le point sur le millésime 2011. 

« L’été au printemps et l’automne en été, insolite et paradoxal, tel fut le climat pendant la saison viticole 2011. Après une pousse très rapide en avril et mai jusqu’à la floraison, la vigne retrouva un rythme normal pour le développement et la maturation de ses raisins. Le millésime fut sans doute un des plus précoces depuis le fameux 1893. Malgré ce climat, les vins sont typés. Souples et pleins au palais, ils conservent la fraîcheur caractéristique du Centre-Loire. Leurs arômes sont bien ciselés. Les 2011 ont le potentiel pour se développer et s’épanouir à la faveur des mois d’élevage.

La campagne viticole. Une fin d’hiver douce a provoqué un débourrement précoce, dès la première semaine d’avril. Le printemps très chaud (+2,7°C en avril et en mai) et sec (65% de déficit pluviométrique) a entraîné une accélération de la pousse de la vigne, les stades végétatifs se succédant à une cadence effrénée : cinquante-trois jours se sont écoulés entre le débourrement et la floraison contre soixante-cinq jours en moyenne. La floraison fut rapide. Elle eut lieu avec trois semaines d’avance pour se terminer dans les derniers jours de mai.

Le climat s’est alors inversé en devenant plus froid, surtout entre le 14 juillet et le 15 août, et plus humide pour le plus grand bénéfice des raisins qui commençaient à souffrir de cette "arythmie". La vigne a récupéré ; elle s’est imprégnée de l’eau qui lui faisait défaut pour retrouver son fonctionnement normal. La période de maturation fut plus chaude et ponctuée de pluies orageuses localisées qui accéléraient l’évolution des raisins avec parfois des dégradations sanitaires.

En dehors de la grêle qui a sérieusement touché tout un secteur du vignoble de Quincy le 2 mai, le climat est resté peu menaçant pour la récolte. Les principales maladies de la vigne, mildiou et oïdium, furent bénignes et n’ont nécessité qu’un nombre réduit d’interventions.

La maturation. La précocité de l’année et la bonne santé du feuillage étaient les premiers indicateurs du fort potentiel qualitatif. Malgré la précocité, la maturation fut lente. Il a fallu s’armer de patience, c’est-à-dire non seulement suivre l’évolution de l’équilibre des sucres et des acides qui était facilement atteint, mais aussi déguster les baies pour évaluer la maturité aromatique. Cette attente a été rendue possible par l’état sanitaire qui restait globalement bon, excepté dans environ 10 % des parcelles où le botrytis fit son apparition et fut inquiétant. Là où l’état sanitaire était le plus dégradé, un débourbage plus soigneux en blanc et un tri plus rigoureux en rouge ont permis de purifier la vendange et de maintenir le niveau de qualité. Finalement, les raisins se sont caractérisés par des taux de sucres importants, sans être excessifs comme en 2009, et des acidités plutôt basses. Grâce aux températures modérées pour la saison et au ciel souvent couvert, la fraîcheur aromatique a été bien préservée.

Les vendanges. Les vendanges se sont étalées sur près d’un mois sous un ciel clément. Les terroirs où le manque d’eau avait été le plus marqué en juin et juillet ont été les premiers mûrs. Les premières grappes ont été coupées dès le 29 août en blanc à Sancerre et pour le pinot gris à Reuilly. Les blancs et les rouges ont été récoltés simultanément. Dans l’ensemble des vignobles du Centre-Loire, la majorité des parcelles a été vendangée entre le 5 et 17 septembre, les dernières étant rentrées le 22 septembre. On ne se souvient pas de vendanges ainsi achevées avant la fin de l’été, même 2003 et 1976 n’avaient pas été pas aussi hâtives.

Les premières impressions du millésime. Les blancs sont tendres, imprégnés d’une forte sucrosité naturelle. Ils ont du volume. Malgré une acidité peu marquée, ils montrent une belle fraîcheur et sont harmonieux. Les arômes, qui ont besoin de quelques mois d’élevage pour s’ouvrir, s’expriment déjà avec intensité et élégance. Ils sont dominés par les nuances de fleurs blanches et de fruits (agrumes, fruits à chair blanche), agrémentées de touches végétales et épicées. Les rouges, aux teintes vives et de bonne intensité, sont ronds en attaque. Les arômes aux évocations de fruits (griotte) et de fleurs (pivoine) sont expressifs. Ils dévoilent des tanins équilibrés, bien répartis, souvent fermes en finale et qui se fondront au cours du temps avec le gras perçu en milieu de bouche ». 

Rendez-vous à Angers du 6 au 8 février 2012 pour découvrir le millésime pendant le Salon des Vins de Loire.

 

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