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Aux fous !

Buveur, mangeur, cuisineur, voyageur, randonneur, jardineur, peinturlureur, champignonneur, pêcheur. À mes heures ... 

Je partage ici mes coups de cœur et mes découvertes avec d'autres Fous de vin que j'invite à répondre à mon petit questionnaire. 

Prenez contact.

Alain Fourgeot. 

Publié par Alain Fourgeot

Laurent-Gotti.JPGLaurent Gotti.« Trente-huit ans, journaliste à Bourgogne Aujourd'hui, initiateur à la dégustation (A Portée de Vins) et blogueur... » Voilà pour l'auto-portrait. Suivi de cette précision: « Pour faire simple, j'apprends tout ce que je peux d'un côté, pour donner à connaître de l'autre, sur le vin et la Bourgogne en particulier ». Laurent Gotti est aussi l'auteur d'un très beau livre sur les Hospices de Beaune (Éditions Féret). Merci de rejoindre la bande des Fous de vin. 

- Le déclic ? Le premier verre ? La rencontre avec ma femme, fille de vigneron en Bourgogne et les séjours dans cette région qui ont suivi. Lors de l'un d'entre eux, j'ai eu la chance de déguster un Clos de Tart 1997. Ce vin aurait converti le plus réfractaire aux plaisirs œnophiliques. Le nez était envoûtant avec des notes de violette et de réglisse. Le « petit jésus en culotte de velours » en bouche. Un univers à lui tout seul.

- Une devise ? Si ton verre est plein, vide-le. Et s'il est vide, plains-le !

- Le meilleur souvenir de dégustation ? A la suite de la dégustation d'un meursault 1846 chez Bouchard Père et Fils, j'ai écrit ceci : " Un ambre lumineux égaye les tables. Les verres ne tardent pas à être portés au nez. Les commentaires fusent : "C'est renversant, cela sent l'ananas, les fruits confits. Quelle complexité !". Le vin séduit aussi les palais : "L'équilibre est superbe. Il est encore d'une fraîcheur étonnante". Ce meursault, élaboré par des vignerons qui ne connaissaient par encore l'électricité, semble indestructible. Nous sommes le 17 novembre 2006, soit 160 ans après la naissance de ce vin. Certains ont une pensée pour les vignerons qui lui ont donné vie. Des hommes dont on ne retrouverait même plus la trace dans les cimetières. Leur vin, lui, est d'une vigueur et d'une générosité éblouissantes."

- Cave ou armoire? Combien de bouteilles ? Cave. J'ai cette chance, de taille assez modeste (quatre cents flacons environ) mais cela oblige à être sélectif. On y trouve des bourgognes en majorité mais pas uniquement, fort heureusement…

- Les trois coups de cœur du moment ? 

 - Savigny-lès-Beaune 1er cru Les Serpentières rouge 2005 du domaine Michel et Joanna Ecard. Un petit domaine, même pas cinq hectares, exploité par un jeune vigneron qui bichonne ses vieilles vignes. Dans ces conditions, le pinot noir donne le meilleur : aromatique, frais mais aussi croquant… Du travail artisanal, familial, et au final un grand vin pour moins d'une vingtaine d'euros.

 - Rully premier cru Les Margotés Vincent Dureuil-Janthial2006. Pour moi, Vincent Dureuil est l'un des vignerons les plus doués de sa génération en Bourgogne. Ce vin est bien représentatif de ce qu’il sait faire : une grande pureté aromatique (petites fleurs blanches) au nez, la bouche est délicatement acidulée, pleine de sève, d'une belle longueur. Un vin de plaisir. Mais devrait-il en exister d'autre sorte ?

- La Romanée 2006. Dégusté en janvier dernier avec le propriétaire de ce grand cru de Vosne, Louis-Michel Liger-Belair. Nous sommes là dans l'univers magique du pinot noir sur des terroirs d'exception. La Côte de Nuits dans ce qu'elle peut avoir d’exceptionnelle. Les perceptions se troublent : on ne sait plus en bouche ce qui tient de la sensation aromatique (la pivoine, les épices) ou de la matière, tout en dentelle. Tout se mêle, se fond avec une grande élégance dans une texture veloutée. Une finale minérale lui donne une grande allonge. La Romanée, c'est aussi la plus petite AOC de France 0,85 hectares. Dommage on aimerait en goûter plus souvent…

- Akarua 2009 Pinot noir Central Otago (NZ). Je me permets d’ouvrir les débats avec ce pinot noir néo-zélandais, dégusté très récemment. D’une grande classe, avec de la fraîcheur et de la puissance en même temps. On dit que le cépage bourguignon voyage difficilement. C’est souvent vrai, mais là il s’est visiblement très bien acclimaté !

 

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François Audouze 14/04/2012 08:54

Bu deux fois ce trésor de 1846 :

Meursault Charmes 1846. Vin étonnant car on est subjugué par sa jeunesse. Belle couleur. Comment est-ce possible qu'il soit si bon ? Il a la typicité de Meursault qui n'est même pas estompée. Ce
qui subjugue, c'est qu'il est le même, avec la même construction, que le 1947 de 101 ans son cadet. Irréel moment. Un vin grandiose, totalement vivant. C'est le plus vieux vin de la collection
Bouchard. Plus le temps passe et plus ce vin se développe. Il s'améliore sans cesse pour devenir plus grand que tout. Bernard Hervet n'arrêtait pas d'en vanter la perfection, le chérissant comme si
c'était son enfant.
Je connaissais déjà le Meursault Charmes Bouchard Père & Fils 1846. Il se présente avec un nez d’ananas, d’un équilibre rare. Quelques traces de fruits confits. En bouche, il y a des notes
d’agrumes, une acidité absolument élégante qui montre que ce vin a un avenir infini. Le final est d’un équilibre absolu, avec des fraîcheurs de fruits jaunes. Il grandit encore quand il s’oxygène,
prenant des notes magiques d’agrumes qu’équilibre une petite trace de vanille. Habitué maintenant à ces vins qui dépassent les 150 ans, je trouve « normal » qu’ils aient cette perfection. Mais,
convenons-en, c’est totalement renversant.

Ce qui est intéressant, c'est que ce vin et d'autres de Bouchard mettent à mal la notion de palier de maturité. Car il est impensable que ce vin ait été parfait tout au long de ses 160 ans de vie.
A méditer.

Bravo pour ce site.