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Aux fous !

Buveur, mangeur, cuisineur, voyageur, randonneur, jardineur, peinturlureur, champignonneur, pêcheur. À mes heures ... 

Je partage ici mes coups de cœur et mes découvertes avec d'autres Fous de vin que j'invite à répondre à mon petit questionnaire. 

Prenez contact.

Alain Fourgeot. 

Publié par Alain Fourgeot

Laurent Cisneros; RouillacCanéjan. Laurent Cisneros rêvait d’un château qui ne soit pas d’Espagne, de vignes et de chevaux et, vous savez quoi ? il a réalisé ce rêve-là à quarante-trois ans. Ancien footballeur, il mit un temps ses crampons dans les crampons de Zizou. Ancien patron, du côté d’Angoulême, d’une grosse boîte de maintenance de systèmes de chauffage, qui lui permit de gagner beaucoup d’argent, ce petit-fils d’un émigré espagnol de la Mancha, le pays de Don Kirotte, chassé par la guerre civile et Franco, est comparé par certains à l’Homme pressé de Paul Morand…

« Un jour, je suis passé devant Rouillac, qui était à vendre et je me suis dit "c’est pour moi"… Je suis tombé fou amoureux de cet endroit. » Quelques mois plus tard, en janvier 2010, il rachète donc Château de Rouillac, propriété des Lafragette depuis 1997, qui s’en séparent pour payer des petites factures… « J’ai imaginé ma famille redonner vie au château, ajoute Laurent Cisneros, j’ai aussi considéré sa situation exceptionnelle aux portes de Bordeaux et le formidable potentiel du vignoble avec la possibilité d’associer notamment le monde du vin et le monde du cheval. C’est un projet de vie, ouvrir des portes pour aller vers autre chose.» « Et regardez comme c’est beau », lance-t-il en montrant l’immense rose des vents, symbole du domaine (on la retrouve sur les étiquetes), dessinée devant l’ancienne demeure du Baron Haussmann, celui-là même qui trancha à vif le cœur de Paris. C’est vrai qu’elle a fière allure, cette chartreuse. Entourée de jolis bâtiments, d’écuries construites par Haussmann, donnant sur un parcours d’obstacles, elle est cernée par une propriété de trente-six hectares…

Et si on parlait vignoble? D’un seul tenant, avec seize hectares de rouge et deux hectares de blanc. Le tout en culture raisonnée. Les meilleurs parcelles sur le coteau, sur des sols d’argile et de graves, sont réservées aux cépages rouges, cabernet sauvignon (58%) et merlot. Plus bas, dans des terres sableuses, plus fraîches, sémillon et sauvignon. Au mois de mai de cette année, les vignes devraient couvrir vingt-cinq hectares. L’homme du vignoble, c’est Jean-Christopge Baron, « un Charentais pure craie », dont toute la famille travaille dans le cognac.

Vins-de-Rouillac.JPG

Les vins ?  Tous en appellation Pessac-Léognan. Château de Rouillac rouge est un assemblage de cabernet sauvignon (55%) et de merlot.  Pour le blanc,  59% de sauvignon, 22% de sémillon,  19% de sauvignon gris. Le second vin,80% de merlot et 20% de cabernet sauvignon, a été baptisé le Baron de Rouillac, en hommage à … (remplir l’espace des petits points). Et puis il y a le Dada de Rouillac, clin d’œil à l’autre passion de Laurent Cisneros, dont je viens d’ouvrir le 2009 avant de me mettre au turf...

Un peu de technique à propos de ce Dada: « Début des vendanges le 30 septembre, la météo exceptionnellement sèche et ensoleillée a permis de ramasser des merlots dans un parfait état sanitaire et des cabernets d’une exceptionnelle maturité. Récolte manuelle en cagettes. Fermentation alcoolique et cuvaison de vingt jours en foudres thermo-régulées. Élevage pendant six mois en barriques (d’un an) de chêne français. Assemblage de merlot (66%) et de cabernet sauvignon. Prix de vente : 14 euros.»

Miss-Gloulou-a-de-Rouillac.JPG« J’ai voulu créé un vin de copain, facile à boire », avait commenté Laurent Cisnéros en septembre dernier.» Nous l’avions dégusté autour d’une jolie table dressée côté piscine, dans le « private home » de l’homme qui  ne parle pas qu’à l’oreille des chevaux. On était dans un décor de cinéma; Sophie Cisnéros avait préparé un déjeuner champêtre; les filles partaient monter. Il y avait là plusieurs journalistes, un Japonais, un Chinois et même une star de la toile, Miss Glouglou en personne. Elle aussi adore les chevaux, elle monte. Pas étonnant qu’elle ait usé de métaphores équines pour parler de ce Dada. Voilà ce qu’elle a écrit dans ses Tribulations, il y a quelques semaines – j’espère qu’elle ne m’en voudra pas de la piller. « Un vin gourmand et rond et qui ne manque pas de finesse, très fruité, avec une pointe d’épices qui panache tout. C’est sûr, il est super sympa, ce dada à la croupe bien dessinée, avec de beaux aplombs, une jolie tête ornée d’une fine liste et un poil alezan virant vers la cannelle, il appelle la tape amicale sur l’encolure.» Quel talent ! Qu’est- ce qu’on peut ajouter ? Du coup j’arrête là. Je vais continuer à glouglouter au petit trot (et à petites lampées) mon Dada, en rêvant d’une petite claque amicale sur l’encolure…

Les petites lampées reviennent bientôt ...

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