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Aux fous !

Buveur, mangeur, cuisineur, voyageur, randonneur, jardineur, peinturlureur, champignonneur, pêcheur. À mes heures ... 

Je partage ici mes coups de cœur et mes découvertes avec d'autres Fous de vin que j'invite à répondre à mon petit questionnaire. 

Prenez contact.

Alain Fourgeot. 

Publié par Alain Fourgeot

PouletEmmanuel Poulet. Quand on lui demande de se présenter, il évoque son millésime, « une année de récolte très abondante, charpente légère, corps mince, arômes fins et discrets. Des vins francs mais manquant de richesse,  pour la plupart totalement morts aujourd'hui.»  Vous avez trouvé ? 1979.  « Pas un grand millésime, à part un krug 1979 qui m'a donné une émotion forte », ajoute Emmanuel Poulet, Berruyer de trente et un ans, papa de deux filles  ( et un troisième bébé très prochainement), qui manage une agence bancaire spécialisée dans l'optimisation du patrimoine (gestion privée) à Orléans. 

- Le déclic ? Le premier verre ? Étudiant en faculté d'économie à Tours, Vouvray n'est pas loin. Ma chance, tomber par hasard chez Philippe Foreau. Un coup de cœur immédiat à dix-neuf ans avec des vins mœlleux, son 1989 Réserve est une véritable bombe. C'est le commencement d'une passion m'amenant à créer trois ans plus tard, pendant mes études, une société de négoce de vins avec un ami. Je commence à parcourir les salles des ventes à la recherche de flacons rares à destination d'une clientèle étrangère. La demande concerne très vite l'univers des vieux millésimes (Yquem, Gruaud-Larose 1928, Rayas, Chave ...) je me passionne alors pour ces vins âgés et pour la Bourgogne.

- La devise ? Rester humble avec le vin.

- Le meilleur souvenir de dégustation ? Mes visites au domaine de la Romanée Conti font partie de mes plus grands souvenirs de dégustation. Dans un cadre désuet, Bernard Noblet et Aubert de Villaine vous reçoivent dans une grande simplicité, la classe bourguignonne. J'ai eu l'occasion de déguster des bouteilles mythiques dans ces moments: la Tâche 1990, Richebourg 1953, Échezeaux 1978, Montrachet 1983 ...  Bouteilles consommées ensuite au domaine, à table, avec un plat simple : rôti de bœuf-purée, quel souvenir !

- Cave ou l’armoire à vins ? Combien de bouteilles ?  Je ne compte plus mais largement plus de mille, dans une cave naturelle climatisée. Cette cave reflète ma passion pour quelques cépages : le chardonnay, le chenin et le riesling en blanc ; le pinot noir et la syrah en rouge. La Bourgogne en rouge comme en blanc compose un bon tiers de la cave (Pacalet, Dujac, Domaine de la Romanée Conti, Ponsot, Tremblay, Chicotot, Lafarge, Prieuré Roch en rouge ; Dauvissat, Roulot, De Moor, Jobard en blanc ...), sans oublier le morgon de Foillard. J'adore la région du Rhône Nord, les cornas de Thierry Allemand et de Clape, les côtes-rôties de chez Rostaing,  les saint-josephs de Dard et Ribo ou de Pierre Gonon. Ces vins composent le deuxième tiers de ma cave. Le troisième tiers est composé de chenins de Foreau (plus de vingt millésimes) et Huet, d'une trentaine de cuvées de Champagne (Jacquesson, Moncuit, et sur les doigts d'une main quelques krugs et RD de Bollinger), de quelques sancerres blancs (Gérard Boulay), d'une cinquantaine de riesling secs (Trimbach Frédéric Émile, Zind Humbrecht, Bott-Geyl), moins de cinquante bordeaux souvent à l'unité et des vieux ( plus de vingt ans), enfin quelques rouges de la Loire et des vins naturels. Les autres régions sont presque absentes (pas de languedocs, de provences, de CDP, de rhônes blancs...), seuls Fonsalette, Trevallon ou Macle peuvent faire une apparition sous une pile. Cette cave est en effet mal rangée, je suis le seul à m'y retrouver dans ces douze mètres-carrés. J'aime retrouver un flacon oublié.

- Les coups de cœur du moment ?  Saint-Joseph, Saint-Épine, Domaine Romaneaux Destezet 2009 : levures indigènes, école Jules Chauvet, macération de grappe entière, Hervé Souhaut réalise sur la côte de Saint-Épine, juste en face d'Hermitage, un saint-joseph délicat, violette, framboise, olives noires au nez et une grande complexité en bouche. Stupéfiant en 2009, on peut boire et attendre dans une cave fraîche. 

Vosne Romanée, les Suchots 1er cru, Domaine Prieuré Roch 1996 : Henry-Frédéric Roch (cogérant du domaine de la Romanée Conti) accompagné à l'époque par Philippe Pacalet, réalise sur son domaine, des cuvées magiques (parfois dangereuses par l'absence de souffre). Ce millésime, à la robe trouble, évoluée, affiche un nez de rose fanée, de sous-bois et d'épices. De la dentelle en bouche, un pinot noir naturel, d'une très grande longueur. J'adore mais à boire.

Chinon, Charles Joguet, le Chêne vert 1989 : Charles avait du talent, il vinifiait ses chinons comme aucun autre. Après vingt ans de garde, nous avons un très grand vin. Dommage, il me reste plus que deux bouteilles de 1989.

Pour finir avec un blanc. Les chablis d'Alice et Olivier De Moor sont d'une excellent rapport qualité/prix. Travaillés en culture bio, les vins jeunes sont vibrants, agrumes, pollen, une belle acidité en bouche. La Cuvée Bel Air est une merveille après trois à quatre ans de garde. Un coup de cœur pour la cuvée Rosette 2008.


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