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Aux fous !

Buveur, mangeur, cuisineur, voyageur, randonneur, jardineur, peinturlureur, champignonneur, pêcheur. À mes heures ... 

Je partage ici mes coups de cœur et mes découvertes avec d'autres Fous de vin que j'invite à répondre à mon petit questionnaire. 

Prenez contact.

Alain Fourgeot. 

Publié par Alain Fourgeot

Emmanuel_DelmasHD.jpg

Emmanuel Delmas. J'ai "rencontré" notre Fou de vin d'aujourd'hui sur la toile. Par son blog ( sommelier-vins ), ouvert il y a déjà six ans. Sommelier pendant quinze ans dans de prestigieux restaurants, formateur, consultant, Emmanuel Delmas a cessé la restauration l'an dernier afin de « se laisser du temps, d'aller sur le terrain, pour mettre en avant les vignerons parmi les plus méritants, rencontrer des cavistes pointilleux, en somme recréer le lien rompu entre consommateurs et vignerons.» Tout cela passe par son blog, mais aussi par Edonys TV, qui devrait voir son lancement en fin d'année et, depuis quelques mois, par le magazine digital Au service du vin, « gratuit et collaboratif ». « Tout cet immense travail, ajoute-t-il, reste le fruit de la passion et du respect pour le fruit de la terre et le travail des vignerons.» 

- Le déclic ? Aucun souvenir, à dire vrai... Peut-être mon premier vin dégusté voilà vingt ans, lors d'un stage chez un caviste des Halles de Paris, un maury, Mas Amiel, dix ans d'âge. Le fruit du hasard en somme, m'a fait pénétrer l'univers du vin, en sachant qu'absolument personne dans ma famille y connaissait quelque chose.

- La devise ? Plusieurs devises. " Rendre le vin accessible à tous ", bien entendu. Mais en respectant le vin, sans le vulgariser. " La vie est trop courte pour déguster du mauvais vin ", également. Et aussi " Tout être qui s'élève sera abaissé, celui qui s'abaisse sera élevé ", démontrant que l'humilité reste la plus noble des valeurs humaines, mais la plus difficile à épouser.

- Le meilleur souvenir de dégustation ? Il y aurait tant. Certes, je peux dire sans gloire, étant donné les restaurants où j'ai officié, avoir goûté tous les plus grands vins de la planète, Yquem, Vega Sicilia, Pétrus, Romanée-Conti, Grand Hermitage, Lafite, de très vieux tokajï, les supers toscans, etc, sur divers millésimes, et tant d'autres. Je pourrais citer un de ces vins, mais je ne le ferai pas. On ne devrait pas donner le droit de goûter autant de grands vins aussi rapidement, comme j'en ai eu l'occasion. Il faut prendre le temps... Mes premières larmes me sont venues en dégustant les vins sur fûts chez Claude Dugat (1), à Gevrey-Chambertin l'an dernier. Une émotion poignante, des sensations rarement ressenties. Une forme de plénitude à déguster, des frissons partout tant les vins étaient remarquablement bien sculptés, ciselés et surtout profonds. Une forme de perfection jamais ressentie encore. Claude Dugat, son charisme teinté d'humilité, l'ambiance de sa cave, tout a concouru à passer un moment unique. J'insiste sur le fait que je me refuse à ne goûter que chez les plus grands ou les plus prestigieux. Je ne souhaite surtout pas m'aigrir, me blaser, devenir un buveur d'étiquettes. De temps en temps, toutefois, se rendre chez les immenses vignerons permet de ressentir, et de mettre une échelle de valeur.

- Cave ou armoire à vin ? Combien de bouteilles ? Citadin, vivant dans moins de quarante mètres-carrés, c'est donc une armoire à vin. Cent cinquante bouteilles, auxquelles s'ajoutent soixante bouteilles trônant dans une armoire en merisier non thermorégulée.

-Les coups de cœur du moment ? Les mondeuses de Michel Grisard, d'une remarquable définition, tendues à souhait et au caractère bien affirmé. Des vins incontournables. Tout comme les blancs de gringet de Dominique Belluard en Savoie. Les jolis chablis de jeunes vignerons tels Benoît Droin, Sébastien Christophe, le couple Pommier, qui nous prouvent que tout bouge vite. Aussi les incomparables pinots noirs bourguignons d'Alain Jeanniard en Morey-Saint-Denis, de Thibault Liger Bel Air ou encore d'Alexandrine Roy, et tant d'autres. Les chardonnays de Pierre Boisson, de Jean-Claude Bachelet...Il y en aurait trop, je suis en mouvement perpétuel...

(1) Lire: Portrait de Claude Dugat

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guenot 31/05/2011 23:15


Tellement toi Manu. J'étais sûre que ton déclic serait ce moment avec le caviste aux Halles de Paris, je me souviens presque de ce moment, comme si je l'avais vécu avec toi. C'était même plus une
histoire de rencontre humaine, si j'ai bonne mémoire.