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Aux fous !

Buveur, mangeur, cuisineur, voyageur, randonneur, jardineur, peinturlureur, champignonneur, pêcheur. À mes heures ... 

Je partage ici mes coups de cœur et mes découvertes avec d'autres Fous de vin que j'invite à répondre à mon petit questionnaire. 

Prenez contact.

Alain Fourgeot. 

Publié par Alain Fourgeot

Chantegrive.BouchonsParis. Nous sommes au Bistro Volnay, dans le deuxième, à deux rangs de perles de la place Vendôme, entre Opéra et Capucines, un boulevard qui vaut son pesant de cacahuètes au Monopoly. L'endroit est également chic. Et plein de monde. Un ancien bistro des années 1920, raconte ma voisine d'en face, jolie brune très fashion. Le bar est magnifique, noyé dans un joyeux bordel de bouteilles. Plafond haut, nappes blanches, jolis éclairages. On se serre sur la banquette. C'est bruyant de conversations; les grandes glaces, qui reflètent tout ce beau monde, y sont pour quelque chose.

Bistrot VolnayChantegrive-Rouge-2000.JPGLe Volnay, comme il faut dire, qui a immédiatement fait son buzz, a été inauguré il y a deux ans par deux jeunes bistrotières. Elles ouvrent très bientôt un grand bar à vins, sur deux étages, boulevard des Capucines. Delphine, c'est la brune gracile et élégante qui tend le menu. Magali, la blonde, coupe courte et mèche rebelle sur le front, dents du bonheur, souriante juste ce qu'il faut, efficace. Elle ouvre les bouteilles et sert, en guise de bienvenue, le blanc classique 2010 de Château de Chantegrive, joli vin pâle, au nez aussi fleuri que le chemisier d'une jeune femme installée, jambes croisées, sur un des tabourets du bar... Voilà, nous sommes là, dans cet endroit très en phase avec l'air du temps, pour un déjeuner organisé autour des vins de Château de Chantegrive, en présence de deux des propriétaires, Hélène et François Levêque. Le frère et la sœur. Manque Patrice, resté dans les vignes dont il s'occupe et Agnès, devenue de Luze.

Que je vous raconte en quelques lignes l'histoire de ce Grand Cru de Bordeaux, membre de l'Union, appellation Graves, qui doit son nom au passereau dont se régalaient autrefois - le font-ils encore? - les chasseurs du Bordelais. On les cuisait, lardées, à la broche et on les servait sur du pain grillé avec un vieux millésime... L'histoire du domaine, donc, remonte au milieu des années 1960 avec Henri Lévêque,  courtier en vins, le papa de la fratrie de quatre enfants, et l'achat de deux hectares de vignes sur la commune de Podensac. D'autres acquisitions suivront au fil des ans. Le domaine atteint aujourd'hui une centaine d'hectares, encépagés de merlot et de cabernet sauvignon pour les rouges; de sémillon et de sauvignon, pour les blancs. Des chais tout ce qu'il y a de plus modernes (photos) ont été construits autour de la grande maison familiale et le domaine est, depuis 2006, suivi par le flying winemaker Hubert de Boüard, par ailleurs propriétaire de Château l'Angelus.

Chantegrive-Boeuf.JPGAprès le graves blanc sec classique, dont les effluves de fleurs sont encore présents dans le verre vide, la jolie blonde à la mèche rebelle sert la Cuvée Caroline 2010,  « sauvignon et sémillon à parts égales, élevée sur lies en barriques neuves de chêne français pendant neuf mois », précise Hélène Levêque. De fait, ce vin est un joli bébé. Un boisé bien présent, mais avec élégance, des notes crémeuses et de grillé, une jolie finale un brin exotique. Avec les coquilles Saint-Jacques dorées au sautoir, parfaitement cuites, moelleuses, lard croustillant et velouté de cresson, de nouveaux verres sont remplis des deux mêmes cuvées, cette fois dans le millésime 2007. On voyage un peu plus dans l'exotisme, dans des nuances de cire; la cuvée Caroline a gardé une belle acidité, un boisé bien fondu. Ces vins seront encore magnifiques dans des années. Mon voisin de gauche aime les graves et les pessacs d'un certain âge. Il évoque un carbonnieux 1937 « absolument sublime  » récemment dégusté avec des amis... 

Le plat. Un paleron de bœuf au vin et une cassolette de pommes de terre. Un plat puissant, corsé, peut-être un peu trop pour le rouge classique 2000, merlot et cabernet, passé en barriques dont 50% neuves, durant douze mois. On est sur un nez complexe de fruits noirs. Suit le 2009, opulent, avec des notes de marc et de chocolat cuit. Puis le 1999, une année qualifiée de difficile mais un vin plein de volume, encore un peu sur le poivron, généreux, souple, complexe. Pour le fromage, j'ai comme d'habitude redemandé du blanc et sur le dessert, un gâteau au chocolat noir truffé à la feuille d'or, très concentré, le 2009 faisait encore merveille.  Un café, des bisous, quelques bonbons à la menthe apportés sur la table par la brune gracile et hop ... sous le soleil de Paris, une belle marche en direction de la Seine en léchant les vitrines pleines d'envies de Noël...

Les petites lampées reviennent bientôt...

 

Pratique. Prix public: Chantegrive rouge entre 13 et 18 euros selon les millésimes; blanc entre 9 et 10 euros et Cuvée Caroline entre 12 et 15 euros.

Le-cuvier-Ch.Chantegrive.jpg

Deux photos extraites du dossier: en haut le cuvier et en bas le chai.

Chateau-de-Chantegrive-chai-a-barriques_24.jpg

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charles 20/12/2011 12:31

La cuvée Caroline est l'un de mes vins blancs préférés ! Le plus grands des petits pessac Léognan ;-) pas mal pour un graves...