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Aux fous !

Buveur, mangeur, cuisineur, voyageur, randonneur, jardineur, peinturlureur, champignonneur, pêcheur. À mes heures ... 

Je partage ici mes coups de cœur et mes découvertes avec d'autres Fous de vin que j'invite à répondre à mon petit questionnaire. 

Prenez contact.

Alain Fourgeot. 

Publié par Alain Fourgeot

Fourcade-Saint-Emilion.JPGParis J'ai failli arriver en retard. La SNCF, encore... Puis, j'ai confondu l'avenue des Capucines et la rue des Capucines... Ah, ces provinciaux ! C'est au numéro 14 de cette rue, donc, à deux pas de leur très branché bar à vins, le Bistrot Volnay, que Magalie Marian et Delphine Alcover, ont ouvert il y a presque un an, une annexe gastro baptisée Les Jalles, du nom des ruisseaux bordelais.

Comme accueil, dans cette belle salle lumineuse, art déco, c'est chic et presque comble, un joli sourire qui me conduit au premier étage. Élégant salon privé, murs noirs décorés de toiles (copies ?) de Tamara de Lempicka, éclairage maladif des bars de nuit... Nous sommes là pour déguster les saints-émilions de Sophie Fourcade. Elle est déjà à l'ouvrage, commentant les 2012, proposés plus d'un mois avant la très épuisante semaine des primeurs. « C'est un millésime surprenant, rond, gouleyant, qui promet beaucoup...». Chouette !

Ses saint-émilions sont au nombre de trois. Trois Grands crus Classés, trois propriétés familiales. « Côte de Baleau et les Grandes Murailles depuis 1643, Clos Saint-Martin depuis 1860 ». Sophie Fourcade (photo) est arrivée en 1998 à leur tête, succédant à sa mère et à sa grand-mère. « Ces propriétés ont toujours été tenues par des femmes ». C'est dit...

Sophie-Fourcade.JPGTrois mots sur ces domaines * conseillés  par Michel Rolland **. Côte de Baleau (il a rejoint le club des GCC en 2012), « propriété classique de Saint-Émilion, avec de très jolis bâtiments » couvre dix-huit hectares situés aux portes de la cité classée au Patrimoine mondial. Clos Saint-Martin, un peu plus d'un hectare, « le plus petit, un cru à la bourguignonne, travaillé comme un jardin de curé, bénéficie d'une vinification intégrale ». Les Grands Murailles, deux hectares de merlot,  « pour les trois-quarts plantés avec une densité de 9.000 pieds à l'hectare »,  s'étalent autour des vestiges d'une abbaye gothique.

Cote-de-Baleau.JPG

A table, autour d'un délicieux grenier médocain - salade (à peine) tiède de pommes de terre au jus de truffe - le sommelier, doté d'une magnifique moustache en guidon de vélo - propose les 2009. Baleau est gourmand, boisé et fumé; Saint-Martin, tout en justesse, mûr, soyeux, ample. Les Murailles, encore fermé, affirme un joli caractère. Suit un carré de veau - de Corrèze ! -, juteux, tendre, escorté d'un (autre) jus de truffe et de légumes parfaitement cuits, qualifiés d'oubliés, les mêmes que je cultive dans mon jardin...

Les vins ont été ensuite servis dans une sorte de farandole joyeuse, rythmée par les éclats de rire et les conversations. J'ai adoré la concentration du côte-de-baleau 2008, fruité, épicé, soyeux, plein, mais beaucoup moins le 2001. J'ai été séduit par les notes de tabac, de baies noires, la générosité du 2005 du Clos Saint-Martin. J'ai repris en fin de repas, après le saint-honoré, puis, juste avant de quitter ce douillet cocon où l'on se serait longuement attardé, le 2005 des Grandes Murailles, un « millésime qui tarde à s'ouvrir » selon Sophie Fourcade. Complexe, généreux, d'une classe inoubliable, marqué par les fruits cuits, des notes de peau, d'épices, et de violette, il m'a accompagné longuement quand il a fallu affronter le grand froid parisien...

Les petites lampées reviennent bientôt... 

* Pour en savoir plus sur les propriétés de Sophie Fourcade, suivez ce lien.

** Michel Rolland, flying winemaker conseille une quarantaine de propriétés du monde entier.

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