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Aux fous !

Buveur, mangeur, cuisineur, voyageur, randonneur, jardineur, peinturlureur, champignonneur, pêcheur. À mes heures ... 

Je partage ici mes coups de cœur et mes découvertes avec d'autres Fous de vin que j'invite à répondre à mon petit questionnaire. 

Prenez contact.

Alain Fourgeot. 

Publié par Alain Fourgeot

Documents-6330-1.JPGAntoine Mantzer. La photo qu'il joint à son questionnaire en dit long... Notre Fou de vin du jour, installé à Rouffach, en Alsace, se présente comme un « amateur-professionnel des plaisirs gastronomiques et œnologiques mêlées » et se décrit comme « un passionné qui se plonge corps et âme dans le vrai terroir d’Alsace et de France ». Un hédoniste, quoi, mais aussi un entrepreneur, créateur il y a cinq ans des Secrets d'Épicure, « agence de conseils et de services », qui propose « des moments épicuriens sur mesure, déjeuners, dîners, dégustations etc, au restaurant, à la maison, ou en pleine nature, pour une clientèle de particuliers et d’entreprises », écrit-il dans son auto-portrait. Antoine Mantzer anime également le Blog d'Épicure. Voici ses réponses...

- Le déclic? Le premier verre ? Mon premier verre, je ne m’en rappelle plus bien, j’étais trop jeune ! Issu d’une famille grandement épicurienne, dans les métiers de (bonnes) bouches, nous avons eu le droit, très tôt, de goûter aux meilleurs vins. Avec deux grand-pères grands amateurs, l’un plus bourgogne, l’autre fou de bordeaux, nous avons eu la chance de tremper nos lèvres, lors de nos déjeuners du mardi midi, dans de nombreux Premiers et Grands Crus bordelais, s’ils en valaient la peine. Mon grand-père maternel n’avait pas son pareil pour juger les vins : un silence, un claquement de langue, voire, pour les monstres sacrés, quand ils lui plaisaient, soit rarement plus d’un quart de ce qu’il ouvrait, un "alors ça, ça c’est beau", qui voulait dire bien plus qu’un 100/100 de n’importe quel guide.

– Une devise ? C’est compliqué, j’ai toujours aimé les devises, mille m’ont suivi, certaines m’ont hanté. Mais, tant qu’à faire, plutôt que des fulgurances pleines d’un autre esprit, je vais citer l’une ou l’autre des miennes. Jeune, c’était "l’abus c’est la vie", où je me plaisais à rechercher le côté excessif en tout, y compris dans mes pérégrinations hédonistes chez les bons restaurateurs et viticulteurs. Aujourd’hui que la recherche de l’équilibre est plus dans mes priorités, j’aime plutôt "le goût du meilleur", car je pense que si on fait attention, tout peut-être bon, ce qui n’empêche que pour chaque chose on peut trouver mieux, meilleur, et c’est ce que je cherche par-dessus tout, pour moi, mais aussi pour ceux qui me font confiance.

– Le meilleur souvenir de dégustation ? C’est aussi mon plus triste souvenir de vin : une côte-rotie La Mouline 1986 de Guigal. Sans doute le vin le plus parfait que j’ai bu, mais aussi la dernière bouteille que j’ai partagée avec mon grand-père maternel, quasi en aparté, en fin de Noël 2006. Quelques mois après, il nous a quittés, pour rejoindre sa bien-aimée, et je n’oublierai jamais cette dernière bouteille, ni ce moment. J’ai le souvenir précis du jus, de sa vibration, de son élégance et en même temps, d’une certaine rudesse. Il y demeurait plein de fruits, trop de vies, des notes fumées et légèrement animales, de la puissance, de la distinction. Il convient de préciser qu’avant cela, nous avions bu Cheval-Blanc et Margaux 1990 et qu’ils se sont retrouvés totalement éclipsés par ce vin de tous les dieux.

– Cave ou armoire ? Combien de bouteilles ? Cave bien sûr, même si pour des raisons pratiques, il faudrait que je m’achète une armoire, j’ai toujours préféré les caves, amples, voûtées, plus ou moins bien rangées, et avec ces petites odeurs caractéristiques, chacune la sienne, mais sur un solfège commun. Je peux passer des heures sans m’en rendre compte, dans ma cave ou dans celles des autres, à scruter les étiquettes, à voyager dans mes souvenirs de goûts, de paysages et de sensations qui s’y rattachent.

– Les coups de cœur du moment ? Alors je commence par ma région avec le Domaine Albert Mann, car je n’oublie pas que c’est aussi en partie grâce à eux – même si les Trimbach sont primordiaux - que j’ai été pris d’un grand amour pour les vins, cépages et terroirs de ma région. Sans compter que ces deux noms, chacun dans son style, sont de formidables compagnons de table, de vrais vins de belle gastronomie. Ensuite je citerai le Mas Karolina, un petit domaine des Côtes catalanes, inconnu du grand public, un de ceux qui font de beaux vins, justes et bien travaillés, qui donnent beaucoup de plaisir….le tout dans une gamme de prix qui elle aussi fait plaisir ! (8-15 euros). Et pour rester dans ce domaine, je citerai le Domaine et Château des Tours, que tous les professionnels connaissent par cœur, ou plutôt ses grands frères Fonsalette et Rayas, mais pas les autres. Et même si je suis amoureux des grandes cuvées, je préfère celles qui s’échangent contre quelques euros (entre 8 et 12 euros) et qui font des vins de copains et de bonheurs partagés sublimes. Je suis toujours sidéré par ces vins, plus ou moins selon les millésimes. Je me dis: "les côtes-du-rhônes sont capables de ça…." Mais que font les autres ?

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