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Aux fous !

Buveur, mangeur, cuisineur, voyageur, randonneur, jardineur, peinturlureur, champignonneur, pêcheur. À mes heures ... 

Je partage ici mes coups de cœur et mes découvertes avec d'autres Fous de vin que j'invite à répondre à mon petit questionnaire. 

Prenez contact.

Alain Fourgeot. 

Publié par Alain Fourgeot

Annick.jpgAnnick Manbon. Originaire de Bourges, où elle revient chaque Printemps pour mitrailler les groupes dans les bars, Annick vit aujourd'hui à Nice. Elle est correspondante de presse pour la rubrique culture dans Nice Matin à Grasse, peintre, photographe et fondue d'art. On aime sa douce folie, ses toiles et ses photos, son humour et sa façon bien à elle de raconter la vie... 
Le déclic ? Le saint-nicolas-de-bourgueil que mon père m'a fait goûter alors que j'avais dix sept ans  m'a ouvert une voie sur des horizons que je ne soupçonnais pas. Je suis sortie du restaurant congestionnée et heureuse. J'ai pris la mesure, dès ce moment-là, d'une éventuelle source de joie, liée davantage à une émotion artistique qu'à la simple ivresse. Cependant j'ai été élevée dans l'odeur du sancerre, première impression œnologique, odeur que je haïssais, préférant nettement les croquets qu'on servait avec dans les bistros des environs de Sancerre où est le berceau de ma famille. Des gâteaux  durs aux dents, aimés des dentistes. Je ne me souviens pas des conversations autour des tables de ces vieux bistros qui ont maintenant disparu. Je me souviens des empreintes  que laissaient les pieds des ballons sur le formica, dessinant des cercles successifs signalant à mes yeux d'enfant le nombre de petits blancs ingurgités  et par conséquent le moment du départ. Je dois avouer avec une grande honte que mes parents ont essayé, alors que j'étais trop jeune, de me rendre alcoolique en arrosant mes repas  d'eau coupée de Kiravi étoilé. 
Le meilleur souvenir de dégustation ? Ma mémoire olfactive est très limitée. Je prend le risque de décevoir le lecteur éventuel, parler de vins avec sincérité est un exercice presque impossible pour moi. Si tu ne souhaites pas que je recopie le Larousse des Vins ou que je me livre au plagiat  du Dictionnaire amoureux du vin, de Bernard Pivot, un auteur dont je jalouse beaucoup les papilles, les connaissances et le talent littéraire, alors il vaut mieux que  je me taise.
Cave ou armoire à vins ? Je ne détiens ni cave, ni armoire à vins. J'achète tout au fur et à mesure en essayant de faire confiance au caviste qui n'est pas toujours de bon conseil.
Coup de cœur du moment? En vrac : pacherenc. médoc  , pic-saint-loup, tokay. J'ai de grandes affinités avec les vins de Loire (voir au début du texte). 
Le sancerre et le pouilly fumé sont revenus en grâce assez rapidement chez la jeune adulte. J'ai un souvenir de vin magnifique qui s'associe à une rencontre amicale. Il s'agit de celle faite avec  un peintre génial qui se nomme Franquie Criquet, (cela ne s'invente pas). Il m'a fait goûter chez lui, dans sa maison atelier-troglodyte  angevine (de sept cents mètres carrés au bas mot) un vin extraordinaire. Les connaisseurs parlent de robe. La robe y était : haute couture. Pour la forme : voluptueuse comme la silhouette de Franquie. Pour la gaieté : comme le sourire de Franquie, lumineux. Pour la profondeur et la spontanéité : comme sa peinture. Du cousu main en culotte de velours. C'est lui qui l'a fait. Il a acheté une cuvée ratée, et par des procédés de sorcellerie, énigmatiques en tout cas à mes yeux, il a réalisé ce miracle. Le miracle c'est aussi l'amitié qui naît d'un verre de vin.

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