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Aux fous !

Buveur, mangeur, cuisineur, voyageur, randonneur, jardineur, peinturlureur, champignonneur, pêcheur. À mes heures ... 

Je partage ici mes coups de cœur et mes découvertes avec d'autres Fous de vin que j'invite à répondre à mon petit questionnaire. 

Prenez contact.

Alain Fourgeot. 

Publié par Alain Fourgeot

Nouveaux ... beaujolais nouveaux en petites lampées !

BOURGES. Rien d'obligatoire mais si vous n'aimez pas ça, n'en dégoûtez pas les autres ! Oui, revoici, revoilou, le temps des primeurs et notamment des beaujolais nouveaux et même des nouveaux... nouveaux. À découvrir... 

Après une crise qui a duré une vingtaine d'années, marquée par un désamour des consommateurs, non seulement pour les primeurs mais plus généralement pour l'ensemble des vins du Beaujolais, crise qui a entraîné la disparition de milliers d'hectares de vignes et des faillites retentissantes, tous les observateurs s'accordent pour parler d'éclaircies... Non, la crise n'est pas totalement terminée, il faudra encore du temps pour reconquérir les cœurs et les palais, mais, comme l'écrit David Bessenay dans son livre Beaujolais, gloire & déboires (voir ci-dessous)  si les vignerons des crus ne sont « pas encore nouveaux riches » ils sont « déjà nouveaux fiers », grâce à une nouvelle génération de vignerons qui ont mis leurs pas dans les pas de leur père en évitant les erreurs du passé... Avant l'heure, j'ai goûté quelques "nouveaux" vinifiés par ces jeunes vignerons bien décidés à « sortir le pays du gamay de sa dépression ». 

Dorénavant à la tête d'un domaine cultivé en agriculture biologique, situé à Châtillon d'Azergues, qui se transmet d'une génération à l'autre depuis 1912, Anthony Perol propose un P'tit nouveau peut soufré (0,02 grammes par litre quand la législation autorise jusqu'à 0,10) à la jolie robe rubis sombre, au nez à la fois floral, fruité et légèrement fumé. Attaque vive et franche, de la mâche et une belle friandise à la longueur salivante. Dans les 10 euros.

Bio également et sans sulfite ajouté, ni à la vinification ni à la mise, ce nouveau, baptisé Seconde Nature, est signé par Pierre Dupond,  vigneron à La Chapelle-de-Guinchay. Du raisin mûr, de la cerise noire, de la myrtille, une légère amertume désaltérante à l'attaque et une belle longueur gourmande avec retour des fruits rouges...  12 euros.

Nouveaux ... beaujolais nouveaux en petites lampées !

- À Chiroubles, Anthony Charvet, dixième génération d'une famille ancrée ici depuis la fin du XIXe siècle, signe un Beaujo Beau très singulier. Son gamay vendangé très mûr, a subi une macération de dix jours en qvevris (ou kvevris), des jarres provenant de Georgie. Après ce séjour le raisin est pressé doucement et remis immédiatement dans les jarres pendant quelques semaines, jusqu'à la mise en bouteille.  Robe foncée, bouche vineuse, riche, dense, des baies noires écrasées, des notes crayeuses, une belle ampleur savoureuse en bouche et une finale interminable. 8 euros.

Les Vignerons des Pierres dorées, à Saint-Vérand, proposent ce Rose pourpre issu de vieilles vignes. Une robe rubis, un premier nez un brin amylique qui s'estompe rapidement pour s'ouvrir sur des arômes de cerises mûres, des notes florales et des épices douces. Bouche charnue et croquante, entre acidité et rondeur, équilibrée, longueur marquée par une pointe fumée. 7,50 euros.

Nouveaux ... beaujolais nouveaux en petites lampées !

- Sur l'étiquette on les imagine aussi sur une bouteille... Audrey et Thibault Girin, sœur est frère, "artisans vignerons " à Saint-Vérand, sont issus d'une famille de vignerons depuis cinq générations. Leur nouveau est assez classique, friand et gourmand, léger, gouleyant, mais oui, allons-y... Du fruité, un brin de fumé, une belle vivacité, de la fraîcheur et une finale assez bavarde pour en redemander...  7,30 euros.

- Enfin, le nouveau de Château de Buffavent aujourd'hui dirigé par Marie-Agnès et Denis Chilliet à Denicé,  au cœur des beaujolais des Pierres Dorées. Vingt-trois hectares cultivés selon le principe de la lutte raisonnée. Robe rubis, du fruit, du laurier et du grillé au nez, que l'on retrouve en bouche dotée d'une légère amertume fraîche, de tannins ronds et enveloppants, avant une longue finale revigorante...

Les petites lampées reviennent bientôt...

Nouveaux ... beaujolais nouveaux en petites lampées !

* Pour son livre paru en novembre dernier, le journaliste David Bessenay s'est livrée à une très longue et passionnante enquête sur ce « vignoble entre faillite et résurgence ». Préfacé par Jacques Dupont, le monsieur vins du magazine Le Point, Beaujolais, gloire & déboires raconte l'histoire d'un vignoble qui a connu ses heures de gloire avant de sombrer dans une crise dont il peine à sortir. David Bessenay essaye de comprendre « pourquoi et comment  le beaujolais a été rudoyé, pour juger des responsabilités des uns et des autres, pour assister, aussi, à sa reconstruction, démêler le vrai du faux, raconter les drames et traquer les espoirs ». L'auteur raconte comment le beaujolais nouveau, pour lequel on faisait pisser la vigne avant "d'améliorer" son jus, tant son succès était considérable, dans le monde entier, a bien failli tuer le... beaujolais. « Le bojolpif - victime du tout primeur - est devenu le vignoble symbole du mal-boire comme McDo symbolise pour certains la mal bouffe (...). Le beaujolais-bashing est devenu une valeur-refuge pour quiconque voulait étaler de solides connaissances vineuses » écrit David Bessenay qui note que le « vignoble s'est enfin engagé dans une sortie de crise avec le trac de l'élève plein de complexes ». Le dénigrement n'a pas disparu. Même ceux qui n'ont pas goûté de beaujolais, nouveaux ou pas, depuis des lustres ont un avis ... Laissons-les braire ! Vivent longtemps les vins du Beaujolais ! 

( Beaujolais, gloire & déboires. David Bessenay. Éditions Héraclite. 19 euros)

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