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Aux fous !

Buveur, mangeur, cuisineur, voyageur, randonneur, jardineur, peinturlureur, champignonneur, pêcheur. À mes heures ... 

Je partage ici mes coups de cœur et mes découvertes avec d'autres Fous de vin que j'invite à répondre à mon petit questionnaire. 

Prenez contact.

Alain Fourgeot. 

Publié par Alain Fourgeot

Fabrice Sommier, fou à cause de son grand-père, ouvre son école de vin à Mâcon ...

Fabrice Sommier. Notre fou de vin du jour est Berrichon... Né à Châteauroux, dans l'Indre, il y a un peu plus de cinquante ans.  Après un apprentissage en salle à manger réussi (major de promotion) commencé Au Bœuf couronné à Mézières-en-Brenne, avec Bernard Brossier, puis poursuivi au Moulin Noyé à Glénic, avec Jean François Rodallec, c’est à Tours, chez Jean Bardet, que Fabrice Sommier débute sa carrière de commis sommelier, tout en préparant une mention complémentaire à Saint-Cyr-sur-Loire. La passion est arrivée par Michel Desroches sommelier berrichon, « humble mais doté d’une redoutable connaissance et de qualités humaines hors normes » précise Fabrice Sommier : « Il est parti vendanger les vignes du seigneur bien trop tôt mais ses conseils me servent au quotidien, je ne pense pas que j’aurai fait cette carrière-là sans lui.»

Et quelle carrière ! Un séjour en Alsace chez Martin Schreiber et ensuite c’est le poste de chef sommelier chez Bernard Robin à Bracieux à quelques pas du château de Chambord. Un passage parisien de cinq ans de 1995 à 2000, avec un poste de chef sommelier chez Philippe Groult pour son restaurant Amphycles et ensuite un poste de direction Au Petit Riche (Ambassade des vins de Loire) à Paris. Un éclair de quatre mois à Saulieu, chez Bernard Loiseau et Fabrice Sommier arrive en août 2000 à Vonnas, chez Georges Blanc parc & Spa, comme chef sommelier. Il y  restera vingt ans. Au fur et à mesure de nouvelles responsabilités arrivent ...  2015, directeur de la restauration et des ressources humaines « avec toujours le plaisir de composer toutes les cartes des vins du groupe avec une belle équipe de sommeliers. 2018, nomination au poste de Directeur Groupe (General Manager) ». Il devient Meilleur Ouvrier de France en sommellerie en 2007 & Master of Port en 2010. « Une autre de mes passions, le cigare, m’a amené à concourir au Habano sommelier, dans le cadre du festival du Havane à Cuba, ajoute-t-il. Je suis le premier et seul Européen (pour le moment) à remporter le premier prix du meilleur accord cigares et boissons deux années de suite en 2013 et 2014 » . L’associatif est aussi un de ses moteurs. « Après avoir été président pendant six années de l’association des sommeliers lyonnais et Rhône Alpes, je suis le secrétaire général l’Union de la Sommellerie Française ». 

En 2021, c'est un nouveau tournant. Il fait le choix de quitter ses fonctions pour vivre de sa passion pour les vins et les spiritueux en ouvrant, c'est pour mi-mars, à Mâcon, un institut de dégustation : la Wine School by Fabrice Sommier que l'on peut retrouver sur Facebook et Instagram. Tous nos vœux pour ce nouveau challenge. 

- Le déclic ? Le premier verre ? Une histoire ? Petit, ma première expérience du vin arriva très vite. J’avais à peine deux ans, lors du 14 juillet 1972, lorsque mon grand-père Jean,  profitant que mes parents soient partis pour l’après-midi, entreprit de me faire faire un tour de fûts. Il avait pris la précaution de m’enlever mon tee-shirt afin de ne pas me tâcher. Il me fit ainsi déguster aisément à la pipette tous les fûts, d’oberlin, de baco, de noa, d’othello et autres jus de raisin partiellement fermentés. Le soir, au retour de mes parents, il annonça fièrement que tout avait été pour le mieux dans le meilleur des mondes. Cependant lorsque ma mère me déshabilla, elle découvrit sous mon tee-shirt un body maculé de tâches de vin. Mon grand-père jura ses grands dieux qu’il ne savait rien mais personne ne le crut. Plus tard, assis à table, il me faisait goûter un verre de bernarche (jus de raisin en cours de fermentation et donc plein de gaz et de sucre) tout en me faisant trier les cerneaux de noix entiers.  Ce grand-père bourru, qui avait connu les deux guerres mondiales, me passait tout et m’autorisait à tout faire et tout découvrir.

- La devise ? La vie est trop courte pour boire de mauvais vins.

- Le meilleur souvenir de dégustation ?  Je partage beaucoup de souvenirs de dégustation avec mes fils Clément et Hadrien. Les derniers : un massetto* 1997 et un hermitage de Chave  1999, leurs années de naissance

- Cave ou armoire ? Combien de bouteilles ? J’ai une cave très éclectique avec quelques centaines de bouteilles. Le vin est fait pour être bu donc je ne veux pas créer un musée. Il n’y a pas de petits ou grands vins, il y a du vin. Point. Beaucoup de vins de Porto bien sûr en qualité de Master of Port mais aussi des vins du monde entier.

- Les trois coups de cœur du moment ?

. Porto Héritage blanc 40 ans doux. Un vin exceptionnel de Julien Dos Santos, sur des arômes de fruits secs et de fruits confits. J’adore avec un canard laqué ou un cigare cohiba esplendidos.

. Champagne blanc Castelnau, cuvée Hors Catégorie. Des arômes de champignons et de fruits jaunes compotés, dense et riche. Un grand vin avec juste quelques fines bulles. Génial avec une volaille de Bresse rôtie.

. Charmes Chambertin Maison Edouard Delaunay 2017. Un vin d’envergure internationale, exceptionnel tant au nez qu’en bouche. Long et fin, d’une magnifique élégance. Comment ne pas succomber au charme … Ok celle-ci elle est facile.

Tous ces vins ont été dégustés dans ma collection de verres réalisée en collaboration avec Lehmann Reims France.

* Le masseto est issu du merlot et produit sur un vignoble d’à peine sept hectares sur la côte toscane. 

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