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Aux fous !

Buveur, mangeur, cuisineur, voyageur, randonneur, jardineur, peinturlureur, champignonneur, pêcheur. À mes heures ... 

Je partage ici mes coups de cœur et mes découvertes avec d'autres Fous de vin que j'invite à répondre à mon petit questionnaire. 

Prenez contact.

Alain Fourgeot. 

Publié par Alain Fourgeot

Olivier Paul Maurice, fou à cause d'un clos-des-epeneaux, pousse le bouchon un peu loin ...

OLIVIER PAUL MAURICE.  Tu pousses le bouchon un peu loin, Maurice ! Quésako ? Une chaîne Youtube de dégustation, proposée par notre Fou de vin du jour. Lancement ce mercredi 8 avril. Son créateur nous en dit plus, avant de répondre au questionnaire des Fous de vin ...

« Quand j’étais gosse, Maurice c’était un poisson rouge dans une pub pour des mousses au chocolat. Un petit garçon s’était enfilé les quatre pots d’un trait et ne trouvait rien de mieux que d’accuser Maurice le poisson quand ses parents rentraient… Mais Maurice, c’est aussi mon nom de famille. Autant vous dire que le gimmick “Tu pousses le bouchon un peu trop loin, Maurice”, m’a collé à la peau pendant des années. Pour moi ça n’était pas négatif, plutôt synonyme de gourmandise. Peut-être que ça m’a influencé dans mes choix de carrière ? »

Olivier Paul se définit comme « un professionnel du vin, passionné du goût et amoureux des mots ». Et il compte bien le prouver à partir ce mercredi, avec la chaîne Tu pousses le bouchon, lancé « avec mon pote Chico ». Objectif ? « Ouvrir grandes les portes de la dégustation, sur un ton détendu et accessible à tous. Mais j’essaie de faire en sorte que les amateurs aussi bien que les confirmés trouvent de quoi se mettre sous la dent ». Bienvenu chez les fous !

- Le déclic ? Le premier verre ? Une histoire ? Il a eu lieu sur les collines de San Francisco, lorsque j’y étudiais. Mon meilleur ami l’Asticot travaillait pour un importateur de vin complètement extravagant, qui m’avait pris en amitié et nous emmenait régulièrement - accompagné de sa femme et du commercial de la boîte - sur les plus belles tables de la baie. Bien entendu, il venait avec son propre vin. Comme on était cinq et qu’il était prudent, il ne prévoyait jamais moins de dix bouteilles - le plus souvent des magnums, toujours des canons mythiques et à leur apogée. Le déclic, c’était donc un magnum de Comte Armand, un de ces soirs, Clos des Epeneaux, 1990. Pas une quille, un voyage. Pas une gorgée ne ressemblait à la précédente, si ce n’est par sa virtuosité. Mes papilles de débutant étaient au parc d’attraction. 

- La devise ? “On est riches, les amis”. Bien entendu, je ne parle pas d’argent. C’est ce que je dis quand je lève mon verre. Quand on est bien entouré, quand on a la santé, quand on vit dans un pays en paix et qu’on a la chance de porter régulièrement à ses lèvres les nectars de vignerons consciencieux, je me dis qu’il faut non seulement être reconnaissant, mais aussi essayer de mériter toute la chance qu’on a.

- Le meilleur souvenir de dégustation ? Mis à part San Francisco? Les meilleures dégustations se passent toujours dans les caves des vignerons. Le vin qu’ils font vous semble alors une émanation de leur personnalité. Et quand on passe le plus clair de son temps dans les vignes ou dans la cave, on a le temps de se polir une personnalité bien trempée. Tout de suite je pense au Chateau Pierre Bise. Je crois que c’est le jour où j’ai commencé à effleurer la sensation de minéralité. J’avais dans ma classe Manu Ogereau (de l’excellent Domaine Ogereau), que je ne lâchais jamais en dégustation car c’est un fin palais, qui me guidait sur les coteaux ligériens. 

- Cave ou armoire? Combien de bouteilles ? Il y a sans doute une part de superstition mais quand on vit dans le Sud, la cave a beau être six pieds sous terre, je ne lui ferai jamais assez confiance pour lui abandonner mes pépites. Je rêverais d’une cave en tuffeau comme ils en ont dans la Loire, mais par ailleurs je suis accro au soleil. Alors oui, armoire. ArmoireS en fait. Car ceux qui disent qu’ils ont du mal à garder le vin, c’est simplement qu’ils l’achètent moins vite qu’il ne le boivent... 

- Les trois coups de cœur du moment ?

. Domaine Charles Sparr, schoenenbourg, 2011: tout ce qu’on attend d’un grand riesling, c’est à dire un fruit vibrant (le citron, bien entendu) et un à pic de minéralité. Celui-ci possède les deux, mais également une matière suave et généreuse qui enrobe sa finale sapide, comme une endive au jambon.

. Romain Duvernay, crozes-hermitage Rouge, 2016: la Syrah dans toute son élégance: à la fois sanguine et aérienne, juteuse et subtile. Les tanins sont plus caressants que DSK dans une chambre d’hôtel, mais avec plus de finesse, je vous rassure.

. Domaine de Montgilet, anjou Rouge, 2017: le cabernet franc de la Loire est parfois corsé ou austère, je le préfère glissant, presque aiguisé comme celui-ci. C’est un terroir de schiste qui donne tout son élan à ce vin agile. Il est leste et souple comme un patineur artistique et il finit sur le salto d’une acidité bondissante.

 

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Fanny 06/04/2020 11:03

Magnifique écriture qui régale nos yeux et activent d'envie nos papilles