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Aux fous !

Buveur, mangeur, cuisineur, voyageur, randonneur, jardineur, peinturlureur, champignonneur, pêcheur. À mes heures ... 

Je partage ici mes coups de cœur et mes découvertes avec d'autres Fous de vin que j'invite à répondre à mon petit questionnaire. 

Prenez contact.

Alain Fourgeot. 

Publié par Alain Fourgeot

Les petites lampées voyagent de Nice au Portugal en passant par le Rhône et le Bordelais ...

BOURGES. C'est une appellation peu connue créée en 1941  : l'AOP Bellet est la seule a être implantée intégralement dans les murs d'une grande ville. Sur les hauteurs de Nice,  elle totalise cinquante huit hectares et dix caves indépendantes dont le Château de Crémat, qui possède sept hectares de l'appellation, cultivés en bio, à deux/trois cents mètres d'altitude, sur des sols  de silice calcaire appelés poudingue (compacté de sable et de galets). Au terme d'une longue procédure judiciaire, Château de Crémat a été racheté en 2017 par un industriel français, qui annonce une belle ambition pour ce domaine historique. Nous avons ouvert récemment les deux vins de ce joli coffret, millésime 2014. D'abord le blanc, du rolle appelé également vermentino, très majoritaire (95%), associé au chardonnay. Jolie robe d'or pâle aux reflets verts, énorme nez sur les fleurs blanches d'agrumes, la verveine fraîche. Attaque charmeuse, bouche d'une grande fraîcheur, retour des notes d'agrumes, des amers élégants, finale longue comme la promenade des Anglais. J'adore.   Le rouge est quant à lui un assemblage de folle noire, majoritaire, de grenache et de braquet, le tout élevé en barriques.  Robe très sombre, nez complexe, envahissant, un bol de baies noires et rouges écrasés, de la mûre et des cerises, des épices, de l'alcool de prune. En bouche, la réglisse et le cacao s'associent aux fruits, quelques aspérités titillantes en milieu, c'est chaud et sudiste, jusque dans la finale qu'on pourrait qualifier de minérale. En dégustant ces deux vins, m'est revenu le souvenir d'une dégustation en compagnie d'un procureur bien connu notamment pour avoir mis Tapie en prison, qui, après plusieurs années passées à Nice, a fini sa carrière à Bourges. « J'adore les vins d'ici mais rien de vaut les vins de Bellet » m'avait-il lancé, un brin nostalgique... Dans les 26 euros la bouteille. 
 

 

Les petites lampées voyagent de Nice au Portugal en passant par le Rhône et le Bordelais ...

- De Nice à Bordeaux avec ce millésime 2015 de Château Larrivaux soixante-quinze hectares dont dix-neuf dédiés au vignoble. Un assemblage de merlot (72%) de cabernet sauvignon (17%) de cabernet franc (7%) et de petit verdot, élevé en barrique de chêne français dont 20% neuves et 80% d'un vin. D'un rouge profond et brillant, son nez décline des fruits très mûrs, des baies noires écrasées, des notes florales, le fond de verre sur l'humus frais. Pas mal d'aspérités en bouche mais une fraîcheur apaisante, du fruit et de la fluidité, une finale assez longue, gourmande. Dans les 15 euros chez les cavistes. 

Les petites lampées voyagent de Nice au Portugal en passant par le Rhône et le Bordelais ...

- Et si Bordeaux menait au Portugal ! Sur les rives de la Gironde avec Michel Cazes ( Château Lynch-Bages) et sur celles du douro, avec Jorge Roquette (Quinta do Crasto)... « Amis de longue date » les deux vignerons se sont lancés en 2002 dans l'élaboration de vins issus de la magnifique vallée du Douro. De leur union est notamment né ce Roquette&Cazes dont nous avons goûté, avec quelques amis, le millésime 2015. Un assemblage de touriga nacional (60%), de tinta roriz (25%) et de touriga franca (15%), utilisés dans l'élaboration des portos. Pour la technique ? « Élevage de vingt mois en barriques de chêne français dont 70% de bois neuf et 30% de barriques d'un vin, avant un séjour de dix-huit mois en bouteilles dans un chai à température contrôlée. » Robe quasi atramentaire, nez étonnant mêlant le fumé, le cassis mûr, le goudron, la confiture, la violette et la vanille. Retour des baies en bouche, après une attaque chaude, des tanins bien ronds, une sorte de droiture qui conduit à une finale étonnamment fraîche pour un vin titrant dans les 14,5%... Vous avez compris, on a beaucoup aimé. Dans les 20 euros.

Les petites lampées voyagent de Nice au Portugal en passant par le Rhône et le Bordelais ...

- Les deux vins qui suivent ont été ouverts récemment chez un ami, fou de la Corrèze, qui avait répondu au questionnaire des Fous de vin au tout début de ce blog, en 2010. Depuis, il a notamment découvert François Villard. À la tête de trente-cinq  hectares de vignes, dans la vallée du Rhône, couvrant six crus différents et une vingtaine de cuvées, cet ancien cuisinier est un vigneron autodidacte « inspiré » qui réjouit les amateurs de vins droits. Ce côte-rôti Galet Blanc 2014, servi sur un chili con carne façon Marcon, en est la parfaite illustration. Un peu de technique  ?  « 90% de grappes entières, fermentation de douze jours en cuves ouvertes, bois et inox, élevage dix-sept mois en fûts, dont 35% de neuf et 65% de fûts de deux à quatre ans .»  Résultat, derrière une robe grenat sombre, une syrah juteuse sur les fruits noirs, les fleurs de sous-bois, un peu de café et d'épices douces. Énorme gourmandise en bouche, puissante, ample et ronde, sur des tanins souples et fins, avant une finale persistante et exotique... 

 

 

Les petites lampées voyagent de Nice au Portugal en passant par le Rhône et le Bordelais ...

- Juste avant, sur les premières asperges d'Auvergne,  ce côtes-du-rhône 2016 du Domaine Vallot, une trentaine d'hectares en biodynamie certifiée. Du viognier, rien que du viognier ! Vinifié et élevé en barriques. Belle robe pâle, nez exubérant, des zestes de citron, des notes de miel, fruits blancs et fruits jaunes mêlées à des pointes exotiques. Beaucoup de plaisir en bouche, riche et ample, corpulente, avec le retour du citron escorté de fruits secs. Finale aussi bavarde que notre petite assemblée...

Les petites lampées reviennent bientôt...

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