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Aux fous !

Buveur, mangeur, cuisineur, voyageur, randonneur, jardineur, peinturlureur, champignonneur, pêcheur. À mes heures ... 

Je partage ici mes coups de cœur et mes découvertes avec d'autres Fous de vin que j'invite à répondre à mon petit questionnaire. 

Prenez contact.

Alain Fourgeot. 

Publié par Alain Fourgeot

- Les blancs pour l'apéritif et pour l'entrée, la crevette de Madagascar bio, navet daïkon et guacamole...

- Les blancs pour l'apéritif et pour l'entrée, la crevette de Madagascar bio, navet daïkon et guacamole...

PARIS. Retour à Chantegrive... Oui, après Retour à Cold Mountain, Retour à Ithaque, j'en passe, ça pourrait faire un bon titre de film. Il débuterait par un long travelling sur les fûts de chêne alignés comme à la parade dans le vaste chai de ce beau domaine des Graves où j'ai été reçu, il y a quelques années, dans le cadre d'une opération portes-ouvertes de l'appellation . La caméra s'attarderait ensuite sur la toujours très souriante Marie-Hélène Levêque. Elle vous raconterait, avec plein de reconnaissance dans les yeux, l'histoire de ce domaine familial créé par ses parents Françoise et Henri, au milieu des années 1960. Cinquante ans plus tard, Château de Chantegrive compte 96 hectares, est conseillé depuis 2006 par Hubert de Boüard, et propose des jolis vins de caractère à des prix raisonnables*. 

Je ne suis pas retourné à Chantegrive, un jour peut-être, mais j'ai fait le voyage à Paris, il y a quelques jours, pour redécouvrir les cuvées du château au cours d'un déjeuner dans le restaurant de Jean-Edern Hurstel.  Après avoir joué sur les pianos de Senderens et Passard et du palace parisien Peninsula Paris, l'ancien candidat de Top Chef, édition 2014,  a sauté le pas en ouvrant, il y a seulement quelques mois, son restaurant baptisé Edern, tiens ! À deux pas des Champs-Elysées et de l'avenue de Friedland, dont on n'a jamais tant tristement parlé ces derniers samedis... En lieu et place de l'ancien Citrus Étoile, décor de la série Chefs avec Clovis Cornillac. C'est dans ce décor, chic et élégant, œuvre du designer anglais Paul Bischop, genre brasserie tendance, voyez,  lumineuse et accueillante, que Marie-Hélène Levêque proposait de découvrir quelques millésimes.

Et d'abord ce blanc 2014, sauvignon et sémillon à parts égales, élevé six mois en cuves sur lies fines,  pour accompagner les tapas de l'Edern, cœur de saumon d'Écosse gravalx, chèvre en cromesquis à la vinaigrette de miel et ailerons de volailles caramélisés au jus de soja. Le graves leur allait bien, avec son nez floral, ses notes d'agrumes, sa fraîcheur et sa joyeuse complexité.

Blanc encore à table, la Cuvée Caroline en 2015 et 2017, sur une entrée originale et précise, des crevettes de Madagascar bio recouvertes de fines rondelles de navet daikon. « Vous avez dans votre verre l'unique cuvée du domaine pour 2017, un année horrible, grêle et froid ont eu raison de nos vignes et nous n'avons pas de rouge dans ce millésime » explique Marie-Hélène Levêque.  Un assemblage de sauvignon blanc (45%) de sauvignon gris (5%) et de sémillon, élevé en barriques de chêne français, dont 50% neuves, durant neuf mois. Le vin n'est encore pas tout à fait en place, il faudra être patient, mais déjà agréable, sur un très joli nez où se mêlent notes florales et de fruits exotiques, sur une bouche volumineuse, fraîche s'achevant par une finale pointue un peu mentholée ... On reste dans le même registre, mais avec plus de richesse, de volupté et de précision, pour le 2015, un millésime magnifique, que vous pourriez servir sur le foie gras pendant les fêtes...  

 

- Les rouges pour l'épaule d'agneau confite, pommes aria, oignons des Cévennes et jus d'olive.

- Les rouges pour l'épaule d'agneau confite, pommes aria, oignons des Cévennes et jus d'olive.

- Du rouge avec la viande ! Une épaule d'agneau confite, pommes Agria, oignon des Cévennes et jus réduit aux olives, joli plat un brin salé mais très bien construit. Pour l'escorter, aux choix, les millésimes 2011, 2013 et 2016, des assemblages de merlot et de cabernet franc, cinquante/cinquante, avant la cuvée Henri-Levêque 2014.  J'ai eu un faible pour le 2011, sur des arômes de baies noires sauvages, un peu viandé, offrant une belle matière et des amers chocolatés en fin de bouche. Le 2013 se montre également séducteur avec un très beau nez et de légères notes d'évolution, beaucoup de richesse en bouche, sur des tannins souples et une finale un peu boisée.  Enfin le 2016, « supérieur au 2015 », selon Marie-Hélène Levêque, tout en fraîcheur, tendre et frais, saura se faire attendre quelques années avant d'offrir tout son potentiel. Quant à la cuvée Henri-Levêque 2014, je l'ai trouvé bien difficile d'approche, encore sur le bois, doté d'une énorme amertume malgré une évidente générosité. Attendre et revoir !

Le cérons pour le crémeux guanaja, tuile croustillante et glace sarrasin, du chef pâtissier Yann Le Douaron.

Le cérons pour le crémeux guanaja, tuile croustillante et glace sarrasin, du chef pâtissier Yann Le Douaron.

- À l'heure du dessert, place à la cuvée Cérons 2015, un magnifique liquoreux cent pour cent sémillon, élevé en barriques de chêne neuves pendant vingt-quatre mois. Robe lumineuse comme une révélation, nez intense et riche, sur les fruits confits, l'abricot, l'ananas, quelques notes de fleurs d'acacia et de safran,  bouche immense, du miel et des épices mêlées, de la fraîcheur qui surpasse la sucrosité... Le dessert ? D'une gourmandise inouïe. Un crémeux guanaja, accompagné d'une tuile croustillante et d'une glace sarrasin. Une beau mariage et une bien bonne idée pour les fêtes...

Les petites lampées reviennent bientôt...

* Entre 12,50 et 30 euros pour le cérons.  

-Marie-Hélène Levêque et le chef Jean-Edern Hurstel.

-Marie-Hélène Levêque et le chef Jean-Edern Hurstel.

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