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Aux fous !

Buveur, mangeur, cuisineur, voyageur, randonneur, jardineur, peinturlureur, champignonneur, pêcheur. À mes heures ... 

Je partage ici mes coups de cœur et mes découvertes avec d'autres Fous de vin que j'invite à répondre à mon petit questionnaire. 

Prenez contact.

Alain Fourgeot. 

Publié par Alain Fourgeot

Quand les petites lampées décident d'éliminer quelques orphelines ...

BOURGES. Elles sont les dernières représentantes d'un millésime dans leur petite famille et il faut bien se décider à les éliminer ...  Histoire de faire un peu de place dans une cave à la contenance limitée. Pour ces joyeuses exécutions sommaires, inviter quelques amis chers, fous de vin évidemment, autour  d'un foie gras, d'asperges vertes, de tranches de poire, celle du bœuf, snakées et escortées d'une poêlée de cèpes. Et d'un cake au chocolat en duo avec une salade de fruits, rouges et exotiques...

Trois bordeaux dans les verres. Trois appellations : Saint-Émilion, Sait-Estèphe, Margaux. D'abord ce 2013 Léo de la Gaffelière, un saint-émilion provenant de la maison de négoce créée en 1995 par Léo de Malet Roquefort et son fils Alexandre, propriétaires de Château La Gaffelière, Premier Grand Cru Classé. Rien à voir avec le second vin du domaine, baptisé Clos de La Gaffelière. Ce Léo est encore jeune, derrière une robe peu soutenue. Un nez pas délirant du tout, des fruits rouges légèrement épicés. Tendre à l'attaque, un peu fluide en son milieu, sur les fruits noirs. Facile à boire, souple sinon soyeux. Longue finale... Le flacon était planqué sous une chaussette et autour de la table certains ont pensé, à la première gorgée, à un... bourgogne ! Pas facile, la dégustation à l'aveugle... 

Pas d'ambiguïté avec le vin suivant, toujours sous chaussette... Un bordeaux, certes ! Mais encore ? Une robe foncée, légèrement évoluée, indiquant un millésime plus ancien... Un nez étonnant, complexe, des notes d'humus, de violette, de roses séchées, de havane, d'épices. Remarquable de fraîcheur en bouche, caressante comme une main amoureuse, longue comme un baiser de cinéma ... On a manqué de superlatifs pour saluer ce millésime 2001 de Château Cos  d'Estournel,  dominé par le cabernet sauvignon (55%) associé au merlot....

Et puis, après ce saint-estèphe, un margaux, toujours à l'aveugle, histoire de brouiller les pistes. Avec ce chateau-siran1997... Vingt ans et quelques discrètes rides. Robe grenat de Prague aux vagues sombres, nez charmeur, confituré, baies sauvages, cassis écrasé, sous-bois. Bouche fraîche, digeste, retour sur les fruits, notes de fèves de cacao, de café, bouche d'une désuète élégance, finale goûteuse et longue, un peu réglissée...

Quand les petites lampées décident d'éliminer quelques orphelines ...

Avant de passer à table on avait réglé le sort à deux autres orphelines. Des pétillantes ! La Grande Année 1997 de Bollinger, pour commencer. Belle robe paille, vif cordon de bulles fines, notes de noix et de toasts tièdes, grande fraîcheur en bouche, vineuse, puissante, quelques pointes pâtissières, des agrumes confits, des fruits blancs mûrs. Longueur interminable. Six grands crus entrent dans la composition de l'assemblage de La Grande Année, dont 76% de Grands Crus et 24% de Premiers Crus, 63% de pinot noir et 37% de chardonnay. Bollinger, c'est toujours grand, n'est-pas 007 ? 

Ensuite un Blanc de blancs d'Avize, du chardonnay donc, avec la cuvée Camille de Champagne-Franck Bonville, un brut Grand Cru dosé à un peu plus de quatre grammes. Belle robe brillante, jaune pâle, cordons de bulles efficace, nez un peu crayeux, « minéral » dit mon voisin champenois. De la noisette, des agrumes, de l'amande. Grande fraîcheur en bouche, du citron et du miel, retour de notes légèrement toastées, persistance soutenue. 

Quand les petites lampées décident d'éliminer quelques orphelines ...

À l'heure du café, quand certains préfèrent un alcool, cognac ou armagnac, d'autres optent pour un sauternes. J'ai ! Dans l'orphelinat, ce millésime 1990 de Château Sigalas-Rabaud, cadeau d'un ami qui a sombré dans le vin nature et ne veut plus boire ses bordeaux... Un joli vin issu majoritairement de vieilles vigne de sémillon, encore fringant dans sa robe jaune foncée virant à l'orange, brillante, éclatante... Un nez sur les raisins confits, du miel, de la cire d'abeille, du safran, de la pâte de coing. Une véritable explosion en  bouche, du gras et de la tension. Et une longueur de rêve... Pour en faire de beaux ! 

Les petites lampées reviennent bientôt...

 

Quand les petites lampées décident d'éliminer quelques orphelines ...
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