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Aux fous !

Buveur, mangeur, cuisineur, voyageur, randonneur, jardineur, peinturlureur, champignonneur, pêcheur. À mes heures ... 

Je partage ici mes coups de cœur et mes découvertes avec d'autres Fous de vin que j'invite à répondre à mon petit questionnaire. 

Prenez contact.

Alain Fourgeot. 

Publié par Alain Fourgeot

Tchin-tchin ou comment trinquer en relisant l'Histoire ...

LIVRE. Commençons par la définition que les auteurs donnent de l'onomatopée tchin-tchin. « Lorsqu'on trinque, les verres ne font qu'un tchin et pas deux, écrivent-ils. Alors pourquoi ce redoublement ? Peut-être faut-il chercher la réponse au Moyen Âge, époque à laquelle l'empoisonnement dans la nourriture ou dans la boisson était une pratique courante dans certains milieux. Échanger un peu son breuvage avec quelqu'un était donc un signe de confiance mutuelle en même temps qu'une épreuve de vérité. L'un des deux buveurs commençait à cogner son verre contre celui de l'autre, de telle façon qu'une partie du liquide éclabousse un peu le verre de l'autre : c'était le premier tchin ! Le second buveur lui rendait la politesse et c'était le second tchin ! » Cette version vaut ce qu'elle vaut, poursuivent les auteurs. « Certains avancent une autre hypothèse selon laquelle l'expression viendrait de la région de Canton, en Chine, où l'on dit tout simplement tsing tsing pour dire je vous en prie. À ne pas confondre avec le sens que la même expression a au Japon : pénis ! »

Des histoires comme celle-ci, ce livre, à dévorer pendant vos vacances, en est rempli. Vous saurez ainsi pourquoi on parle de la barbe fleurie de Charlemagne, ce qu'est la tisane de Richelieu, pourquoi le traité de Presbourg a du attendre la signature de Talleyrand et pourquoi Napoléon a perdu à Waterloo... Vous apprendrez que vous êtes un petit buveur comparé au général Bisson, capable d'ingurgiter quarante bouteilles de vin pendant un repas ... Que de célèbres prisonniers de guerre ont dégusté le vouvray pétillant de la famille de Gaston Huet, en janvier 1942, dans l'oflag IV-D ! Que l'on peut être un des plus célèbres œnologue et ne pas reconnaître, en direct à la télévision, le prestigieux haut-brion 1970... Vous sourirez en relisant Pierre Dac ( « Je préfère le vin d'ici à l'eau de là ! ») ou Mark Twain (« Le vin allemand se distingue du vinaigre grâce à l'étiquette ! »). Vous voyagerez en Toscane pour découvrir « le premier vin au monde élevé au Mozart ! », en Éthiopie où l'on claque du fouet pour faire fuir les oiseaux amateurs de raisin ainsi qu'en Sibérie où l'on cultive un raisin sélectionné par les Francs-Comtois pour résister au grand froid.

Enfin, vous vous régalerez des brèves de comptoir et saurez pourquoi on boit à tire-larigot pour se murger avant de relire l'Âme du vin de Beaudelaire : « Je sais combien il faut sur la colline en flamme/De peine, de sueur et de soleil cuisant/Pour engendrer ma vie et pour me donner l'âme/Mais je ne serai point ingrat ni malfaisant. » Je ne m'en lasse pas ...

Note. Tchin-Tchin, petites histoires et grands plaisirs autour d'un verre de vin par Jacques Rouvière, ancien directeur de la Banque de France et Sylvain Torchet, facteur et créateur d'un site que je vous recommande, abcduvin.com. Ce livre est né de leur rencontre lors d'une séance de dégustation au Pays Basque. Aux Éditions Féret. 112 pages. 15 euros.

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