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Aux fous !

Buveur, mangeur, cuisineur, voyageur, randonneur, jardineur, peinturlureur, champignonneur, pêcheur. À mes heures ... 

Je partage ici mes coups de cœur et mes découvertes avec d'autres Fous de vin que j'invite à répondre à mon petit questionnaire. 

Prenez contact.

Alain Fourgeot. 

Publié par Alain Fourgeot

Photo du Piton depuis Verdigny, prise il y une dizaine de jours ...
Photo du Piton depuis Verdigny, prise il y une dizaine de jours ...

Sancerre. Je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous cette analyse de Bertrand Daulny, le directeur du Sicavac ( Service Interprofessionnel de Conseil Agronomique, de Vinification et d'Analyses du Centre) à propos du millésime 2014 en Centre-Loire.

« Le décalage climatique entre les saisons se traduit de façon paradoxale par un millésime 2014 de grand potentiel. La superbe arrière-saison aussi exceptionnelle qu’inattendue a donné aux vins toutes leurs qualités de finesse et de puissance.

La campagne viticole

2014 est caractérisé par un long cycle végétatif. La fin d’hiver douce et un mois de mars sec ont entraîné le réchauffement précoce des sols et accéléré le départ en végétation. Le débourrement s’est produit dans les premiers jours d’avril. Ensuite, hormis la période du 6 au 13 juin et la deuxième quinzaine de juillet, l’année a été froide jusque fin août. La vigne a donc pris du retard pendant toute la saison : alors qu’elle avait une avance de dix jours au débourrement, celle-ci tombait à trois jours à la floraison néanmoins rapide et homogène pour finir avec un retard de quatre jours à la véraison. Pour les précipitations, 2014 se partage en trois phases : plutôt sec de mars à mi-juillet puis très pluvieux jusqu’au 25 août et enfin retour de la sécheresse favorisant l’installation d’une contrainte hydrique progressive et modérée.

Les maladies cryptogamiques ont été moyennement virulentes. L’oïdium s’est montré dans des secteurs inhabituels tandis que le risque mildiou s’est prolongé jusque début août. Peu de dégâts sont à déplorer. La pourriture grise (botrytis) a été quasi inexistante. Seule la pourriture acide a obligé à effectuer des tris dans les rares parcelles concernées.

Enfin, septembre est heureusement venu transfigurer le millésime : chaleurs sans excès dans la journée, nuits relativement fraîches, sécheresse entrecoupée de rares petites pluies.

La maturation

Les excellentes conditions climatiques de l’arrière-saison sont à l’origine d’une maturation lente durant laquelle chaque élément s’est mis en place avec harmonie. Sous un bel ensoleillement, les journées chaudes ont favorisé l’augmentation des sucres tandis que les nuits fraîches ont préservé le fruité et freiné la diminution de l’acidité qui se trouvait très élevée au départ. Les teneurs en sucres étant partout bonnes, c’est l’acidité malique et la dégustation des baies qui ont guidé le suivi de la maturation ; il a fallu s’armer de patience pour atteindre le juste niveau. 2014 fait partie de ces années remarquables où sucres et acidités à la fois sont élevés et parfaitement équilibrés. Les arômes et la couleur logés dans des pellicules saines et épaisses ont aussi évolué dans les meilleures conditions. Le bon état sanitaire a permis d’obtenir des moûts très purs.

Les vendanges

Les vignerons ont fait preuve d’une grande maîtrise dans la détermination de la date de vendange. D’une part, ils ont su observer avec précision la maturation de leurs parcelles pour récolter chacune au meilleur moment, exercice d’autant plus compliqué que les évolutions ne correspondaient pas à l’ordre habituel. D’autre part, alors que le beau temps régnait, ils ont eu la sagesse d’attendre que les raisins atteignent la maturité optimale, en prenant le risque de subir une possible dégradation du climat. Aussi les vendanges ont elles démarré épisodiquement en Pinot Gris à Reuilly le 15 septembre et en Sauvignon à Sancerre le 18 septembre. Le gros de la cueillette a commencé le 29 septembre pour finir entre le 6 et le 11 octobre. Les rouges ont en majorité été rentrés avant le 5 octobre. Les dernières grappes ont été ramassées le 13 octobre.

Les premières impressions du millésime

A l’image des pellicules épaisses des baies, les vins révèlent de la consistance et de la densité. Les acidités élevées restent souvent discrètes au palais car elles sont équilibrées, voire masquées, par la richesse naturelle.Les vins blancs dévoilent des arômes prometteurs. La finesse et la complexité s’affirment déjà : notes fruitées (poire, pêche, fruits exotiques), nuances de fraîcheur végétale et parfois même déjà, délicates touches minérales. En bouche, l’équilibre gustatif est marqué par la tension. La nervosité souvent appuyée est bien contrebalancée par le charnu, imprimant des sensations de plénitude et de puissance. Avec une finale persistante, les blancs 2014 ont un véritable potentiel de garde. Selon les terroirs, ils devraient commencer à atteindre leur pleine expression après huit à quinze mois d’élevage. Les amateurs de millésimes anciens pourront même leur faire traverser une ou deux décennies avant d’apprécier leurs grandes qualités au vieillissement.

Les rosés apparaissent sous des robes généralement assez pâles, saumonées plus ou moins nuancées de corail. Les odeurs de fruits (fraise, framboise, banane) dominent. Vivacité et fraîcheur caractérisent la bouche. Ils seront de bonne tenue.

Les rouges présentent de jolies couleurs, aux reflets rubis vifs, teintées de pourpre. Encore fermés, les arômes de fruits rouges (griotte, framboise) sont typés et élégants. Les tanins mesurés tapissent la bouche bien qu’exacerbés par l’acidité à ce stade où les fermentations malolactiques ne sont pas encore faites. Le gras transparaît en arrière-plan et finira par prendre sa juste place au cours de la conservation.»

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