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Aux fous !

Buveur, mangeur, cuisineur, voyageur, randonneur, jardineur, peinturlureur, champignonneur, pêcheur. À mes heures ... 

Je partage ici mes coups de cœur et mes découvertes avec d'autres Fous de vin que j'invite à répondre à mon petit questionnaire. 

Prenez contact.

Alain Fourgeot. 

Publié par Alain Fourgeot

Petites lampées d'une autre nature avec des princes ...

Paris. Ce n'est pas tout à fait un conte de fée mais l'histoire pourrait commencer par un ... Il était une fois... Il était, donc, un prince en cognaçais qui rêvait de vignes fleuries, d'herbes folles, de trèfles à quatre feuilles, bref d'un monde sans pétrochimie, sans pesticides, herbicides et autres ... cides synonymes de sui-cides, d'homi-cides, etc ...

Sorti de sa torpeur, le prince Hubert de Polignac a retroussé ses manches et s'est mis au boulot pour créer le ... Nature de cognac. Un cognac issu d'eaux-de-vie provenant de l'agriculture biologique. Ne courrez pas tout de suite dans votre coop bio, vous ne le trouverez qu'en septembre prochain dans les rayons. Au prix de 32 euros.

Pourquoi un cognac bio ? La parole à Dominique Callandre, président du Groupe Unicoop* : « Pour notre groupe coopératif, créer une filière bio c'est écouter les citoyens qui cherchent une nourriture produite dans le respect de l'homme et de son environnement, donc saine pour eux. La rôle de notre groupe est bien d'être au cœur des relations commerciales entre producteurs et consommateurs; c'est la raison de notre choix d'enrichir la gamme d'une qualité répondant aux exigences de la certification en agriculture biologique ».

«En 2011, un Français sur trois consommait du vin bio régulièrement ou de temps en temps, selon un étude Ipsos. Le marché du vin bio commercialisé en France a progressé de 11% en 2011 par rapport à 2010.»

Le bio n'est donc plus tendance, il est LA tendance... Et de moins en moins considéré comme un produit de niche. Selon une enquête d'Ipsos**, réalisée en juillet 2013, « 35% des Français déclarent avoir déjà acheté du vin bio ». Selon l'Agence Bio, les surfaces de vignes devraient passer de 37.765 hectares en 2012 à 52.493 hectares en 2014 pour atteindre 61.055 hectares en 2015. En marche ! Ce n'est pas Gary Charré, viticulteur adhérent Unicoop, le vigneron du Nature de Cognac, qui vous dira le contraire : « Produire en bio, c'est une perpétuelle recherche d'équilibre avec une autre vision de l'agriculture et des relations avec les consommateurs. On parle de conviction, de questionnements, d'échanges; c'est une philosophie de vie, un état d'esprit à cultiver soigneusement.» Tout est dit !

Menu d'Alain Passard, des légumes, des légumes, des légumes... et un canard !

Menu d'Alain Passard, des légumes, des légumes, des légumes... et un canard !

Alors quoi ce Nature ? Je ne suis pas fan de la bouteille, du packaging comme on dit. Question de goût ... Mais très fan du contenu. Très aromatique au nez, délicat, fruité, sur des touches de vanille, d'épices légères. En bouche, des pointes d'orange, de mandarine confite, un peu pâte de fruits, une longueur sensuelle. On s'en est régalés, évidemment avec modération, faut-il écrire, avec les sublimes mignardises de l'Arpège. Car quel restaurant choisir pour présenter un cognac bio sinon celui d'Alain Passard, le prince de la cuisine légumière, comme l'appellent certains confrères.

Au menu, des légumes, des légumes et des légumes... Provenant de son jardin sarthois. Tartelettes légumières pour l'apéritif avec un original Reynac Mojito, la boisson nationale de Cuba, sauf que là on remplace le rhum par un pineau blanc... En entrée, l'incontournable betterave cuite en croûte de sel, elle était blanche cette fois, en duo avec une sauce aigre-douce au cognac, un VSOP du Prince... Servie, avec un très honnête Cru Bourgeois, haut-médoc 2009, chouette millésime, de Château Lamothe-Bergeron. Mais pas du tout à l'aise sur ce plat...

On nous avança ensuite une compotée d'oignons confits et de poires flambées (au cognac, oui !) « en accord avec une fine à l'eau », comme on en buvait dans les années d'après-guerre. Un peu trop à l'eau, la mienne, le sommelier ayant eu la main un peu lourde sur le château-la-pompe, pardon la minérale...

Le déjeuner des gens qui ... mangent commença vraiment avec la suite... D'abord une extravagante et surprenante « jardinière Arlequin et semoule à l'huile d'Argan ». Silence dans les rangs ! Du grand art. Du croquant avec de délicats petits légumes, des effluves de fleurs d'oranger, un équilibre de trapézistes du Cirque du Soleil, un festival de saveurs... Et l'on pourrait multiplier les qualificatifs pour le plat de résistance, un canard au thé Rooibos, parfaitement saignant. Itou pour le dessert, une divine omelette norvégienne, flambée au cognac, « en accord avec un VSOP »... Avant le café, délicieux, les mignardises... Et le Nature !

Il était plus de 16 heures. Dehors, c'était tout gris. Il pleuviotait... Des envies de musée. Sous des parapluies, partout des queues interminables. Pas envie de foule... Le bonheur de ce déjeuner m'a donné envie de voir la Seine et de faire des claquettes dans les flaques. J'ai marché...

Les petites lampées reviennent bientôt...

* Le Groupe Unicoop possède les Cognacs Hardy, Prince Polignac, H.Mounier, la maison Reynac, le Château Lamothe-Bergeron...

** J'ose espérer que leurs sondages sont meilleurs que ceux réalisés à Bourges pour les dernières municipales...

La fameuse betterave cuite en croûte de sel était blanche, comme la sauce aigre douce... Pour le rouge, il valait mieux attendre le canard.

La fameuse betterave cuite en croûte de sel était blanche, comme la sauce aigre douce... Pour le rouge, il valait mieux attendre le canard.

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