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Aux fous !

Buveur, mangeur, cuisineur, voyageur, randonneur, jardineur, peinturlureur, champignonneur, pêcheur. À mes heures ... 

Je partage ici mes coups de cœur et mes découvertes avec d'autres Fous de vin que j'invite à répondre à mon petit questionnaire. 

Prenez contact.

Alain Fourgeot. 

Publié par Alain Fourgeot

Petites lampées autour de la soupe de Milo ...

Bourges. Milo, c'était le surnom de mon beau-père. Cette soupe, rustique, un peu à l'image du bonhomme, roborative, à servir un soir d'hiver, est l'une de ses inventions, pour ne pas dire une de ses créations. A moins qu'il n'ait repris une vieille recette familiale. Peut-être aussi qu'on lui en a servi, là-bas, dans l'Est, quand il travaillait à la mine. Nul ne sait ...

Dans un grand faitout, il faisait revenir un oignon rouge, mouillait largement, ajoutait des aromates, thym, laurier, des haricots rouges, des grains d'orge. Puis des pieds, des oreilles et une queue de cochon. Enfin des pommes de terre, avec la peau... Le tout mijotait longuement, lentement, sur le coin de la cuisinière à bois. Jusqu'à en devenir plus solide que liquide. La cuillère y restait droite... On servait à la louche, dans de grandes assiettes creuses. On ajoutait du poivre du moulin, un peu de crème fraîche, de la vraie, la double, pas ce succédané liquide, allégé, qu'on trouve en supermarché.

L'histoire de la soupe de Milo, on l'a souvent racontée à des copains. Au point qu'ils ont voulu goûter. Ce qui fut fait l'autre soir. Le faitout est reparti vide en cuisine... Vous dire qu'ils ont adoré.

Pour l'apéro, anchois marinés à l'huile, olives, rillettes de lapin, spaccatini, j'ai ouvert un coteaux-du-languedoc, un pic-saint-loup 2012, de Chateau La Roque, propriété de Jacques Figuette depuis 2006. Trente deux hectares de vignes, en terrasses dans un amphithéâtre, au milieu de la garrigue. Biodynamie de rigueur. Marsanne (30%), grenache blanc (25%), auxquels sont assemblés un peu de rolle, de roussanne et de viognier. C'est frais, floral, ample, riche, sur des notes de fruits mûrs venus d'ailleurs, de loin. Bouche enveloppante, chaleureuse. 9 euros chez les cavistes. Un joli blanc qui aura parfaitement rempli son rôle : nous mettre en appétit...

Et donc à table, pour une première louche. Dans les verres, le millésime 2010 de Château Fourcas Hosten. Une magnifique chartreuse nichée au cœur du village de Listrac-Médoc. Et quarante-sept hectares de vignes, dont trente-six en production, cabernet sauvignon, merlot plus un peu de cabernet franc. Propriété des frères Momméja, Laurent et Renaud, depuis 2006. Ils n'ont pas lésiné sur les moyens pour hisser leur vin au plus haut et le vignoble est aujourd'hui encore en pleine restructuration, sous la direction de l'œnologue Éric Boissenot et de Caroline Artaud, la directrice technique.

Bon, c'est sûr, cette bouteille aurait méritée de rester en cave encore quelques années. Mais on l'a trouvée très à son avantage, flatteuse, sur des notes de grillé, d'un belle intensité. Vin généreux en bouche, déjà soyeux, élégant, sur une jolie finale tendue. Un vrai bonheur. À encaver, qu'on se le dise. Pour 17,50 euros.

Changement de registre pour la seconde louche, car tout le monde y est revenu à la soupe... Direction la vallée du Rhône avec la cuvée ico(o)n 2010 des Vignerons de la cave de Rasteau. On les connaît, autour de cette table. On aime leurs vins, leurs côtes-du-rhône, souvent partagés avec des copains de jardin. Avec cette « cuvée d'exception », 42 euros, autant l'annoncer tout de suite, les Vignerons de Rasteau ont voulu frapper fort en demandant à l'œnologue Patrick Léon, qui travailla pour Mouton, Lichine et dans la Napa Valley, d'écrire une nouvelle partition. « Un vin haute-couture, capable de mettre en valeur les meilleurs terroirs et les meilleurs cépages », expliquait en son temps Alexis Cornu, le maître de chai. « Les raisins de grenache, syrah, mourvèdre, sélectionnés un à un, sont récoltés manuellement, triés, vinifiés et élevés en barriques, fûts et demi-muids, dans nos chais et dans le plus grand respect de leur origine », peut-on lire sur la contre étiquette de la bouteille.

Et de fait on s'est régalé. Quinze degrés, certes, « pas un vin de gamin », a commenté Éric. Un nez de garrigue, des pointes de poivre blanc, des notes florales, une bouche pleine, fraîche, presque gouleyante, finale précise et longue. L'ico(o)n nous a accompagnés jusqu'aux fromages. Avant le désert de Maryse. Une crème renversée de "gibière", quoi ! Qui appela un joli cognac Hardy. Et un puros de Cuba ! Ben voyons...

Les petites lampées reviennent bientôt...

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